[CRITIQUE] : Vanilla
Réalisatrice : Mayra Hermosillo
Acteurs : Natalia Plasencia, Daniela Porras, María Castellá,...
Distributeur : Wayna Pitch
Budget : -
Genre : Comédie Dramatique.
Nationalité : Mexicain.
Durée : 1h39min.
Synopsis :
Sept femmes à la volonté de fer se battent pour sauver leur maison de la saisie hypothécaire. Roberta, une fillette de 8 ans, évolue dans une dynamique familiale atypique : un foyer sans père, où elle vit entourée de diverses figures féminines.
Bien que le septième art soit une fantastique ouverture sur le monde, rares sont les films du plus où moins prospère issus du cinéma mexicain, à venir taquiner nos salles obscures : seules quelques co-productions, que ce soit le Cosmos de Germinal Roaux, Nuestra Tierra de Lucrecia Martel où encore Dreams de Michel Franco, sont à noter sur cette pourtant dense première moitié d'année ciné 2026.
En ce sens, le premier long-métrage de la wannabe cinéaste mexicaine Mayra Hermosillo, Vanilla, a tout d'une vraie curiosité quand bien même il ne semblait pas fondamentalement péter dans la soie de l'originalité, en arpentant le terrain ultra-balisé de la chronique familiale mélancolique matinée de récit initiatique à hauteur d'enfant, cloué au plus près du regard d'une gamine qui, au coeur des 90s, vivait avec les siens dans un foyer criblé de dettes et menacée d'expulsion; une maison de femmes aussi fortes que vulnérables, qu'elle partageait avec sa mère, sa grand-mère Georgina, son arrière-grand-mère mais également sa tante ou encore sa cousine, et dont la menace d'expulsion est une menace directe à l'existence paisible et tranquille qu'elles avaient su façonner jusqu'ici.
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Mais de cette familiarité, Hermosillo tire un effort particulièrement tendre et touchant, tout en résilience et en découverte - pas uniquement de soi -, où l'innocence de l'enfance se voit durement confronté à la dureté et aux doutes existentiels du monde des adultes, vérité douce-amère d'un cercle familialo-sororal et intergénérationnel à la résistance solaire parce qu'authentique et vraie (même dans ses conflits inéluctables qui ne viennent jamais égratigner une solidarité naturelle, et encore moins une expression émotionnelle saine), qui courbe l'échine mais ne rompt jamais face à un système capitaliste et patriarcal limité et limitant.
Du coming-of-age movie qui n'en est pas totalement un donc, tant la cinéaste a le bon ton de donner suffisamment de corps et de vie à chacune de ses personnalités pour les rendre attachantes (et ce, sans que cela n'entache l'harmonie délicate de son récit), à défaut de donner véritablement de tension à l'urgence de la situation qu'elle dépeint (une expulsion qui a tout d'un déracinement familial à la fois physoque et symbolique, la perte d'un lieu emprunt d'histoire et de tradition où y vivre est déjà une notion d'héritage).
Si Vanilla n'est pas faconné pour révolutionner les genres (mais ne se laisse jamais écraser par la mélancolie comme le sentimentalisme exacerbé qui les caractérisent), il l'enlace tout du long sa popote dans une douceur nostalgique un brin rétro mais charmante, en cherchant constamment le soleil réconfortant au coeur de la tempête et ça, mine de rien, ça fait joliment la différence.
Jonathan Chevrier


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