[CRITIQUE] : La Vie d'une femme
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| Copyright Pyramide Distribution |
Réalisatrice : Charline Bourgeois-Tacquet
Acteurs : Léa Drucker, Mélanie Thierry, Charles Berling, Laurent Capelluto,...
Distributeur : Pyramide Distribution
Budget : -
Genre : Drame.
Nationalité : Français, Belge.
Durée : 1h41min.
Synopsis :
Ce film est présenté en Compétition au Festival de Cannes 2026.
Gabrielle, 55 ans, se consacre corps et âme à son métier. Chirurgienne et cheffe de service dans un hôpital public, elle court et se démultiplie, assaillie de responsabilités. Il lui reste peu de temps pour sa vie privée — un mari qui l’aime et une mère dont elle doit s’occuper. Lorsqu'une romancière vient passer quelques semaines dans son service pour les besoins d’un livre, son équilibre vacille. Dans le quotidien que Gabrielle s’est construit, y a-t-il de la place pour l’inattendu ?
Il en aura fallu du temps (c'est connu, on est particulièrement lent pour célébrer les talents qui le méritent), au moins plus de deux décennies d'une carrière discrète mais pas moins brillante, composée d'une flopée de seconds rôles d'exception et de trop rares (mais définitivement marquants, pour quiconque à su y prêter attention) grands rôles, pour que l'exceptionnelle Léa Drucker soit enfin un minimum reconnu à sa juste valeur dans le paysage cinématographique français, et qu'elle rallie sans trembler tous les suffrages de ses pairs comme de la critique.
Si l'on peut chipoter sur quelques choix maladroits (vous en connaissez beaucoup vous, des comédiennes qui auraient pu survivre à La Vérité si je mens! 3 mais surtout à Cyprien, tout en allant chiper un César - mérité - quelques années plus tard ? La légende Catherine Deneuve était déjà primé, ça ne joue pas...), elle est de ses rares comédiennes qui fait déplacer un spectateur en salles, sur sa seule et unique présence.
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Comme pour La Vie d'une femme (titre affreusement bateau, on est d'accord) second long-métrage d'une Charline Bourgeois-Taquet dont on avait beaucoup aimé le galop d'essai (le sympathique et Rohmerien en diable Les Amours d'Anaïs, déjà passé par la case Croisette en 2021), dont la légèreté irrigue par petite touche ce drame qui se revendique dans l'ombre de Renoir et Sautet, au travers du portrait complexe d'une chirurgienne/femme accomplie dont la vie en apparence stable commence à se fissurer au moment même où elle réalise le poids écrasant de l'instabilité qui régit son existence (une cinquantaine bien tassée et un corps qui se dégrade inéluctablement, la maladie d'Alzheimer de sa mère, une relation filiale compliquée couplée à la précarité d'un hôpital public à l'agonie, sans oublier un mariage qui se replié lentement mais sûrement sur lui-même), et auquel se substitue une histoire d'amour impossible entre avec une autre femme (une représentation déjà au coeur des Amours d'Anaïs), unique mais éphémère bouffée d'air frais dans la vérité sous apnée du quotidien.
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Exploration nuancée d'une féminité captivante (même dans ses contradictions) et en pleine errance, qui se dévoue corps et âme pour sa profession tout en revendiquant son droit d'exister selon ses désirs (au plus près des gestes méticuleux comme des pensées fuyantes d'une Léa Drucker absolument remarquable), dont la narration structurée en chapitres vient certes un poil trop surligner la vérité d'une vie vécue par fragments mais, dans le même mouvement, appuyer subtilement le lien pessimiste que la cinéaste noue entre les relations humaines et l'implacabilité du temps qui passe sur les corps et l'esprit (tout est voué à se dégrader); La Vie d'une Femme, même dans ses imperfections, se fait une belle et poignante tranche de vie qui repose sur l'investissement total de sa comédienne vedette, qui n'aurait pas démérité à repartir de Cannes avec un prix d’interprétation.
Jonathan Chevrier



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