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[CRITIQUE] : Cocotte


Réalisateur : György Pálfi
Acteurs : Maria Diakopanayotou, Argyris Pandazaras, Yannis Kokiasmenos,...
Distribution : Paname Distribution
Budget : -
Genre : Drame.
Nationalité : Allemand, Grecque, Hongrois.
Durée : 1h37min.

Synopsis :
À grand pouvoir, grandes responsabilités - mais si l’héroïne était une poule ? Échappée d’un élevage industriel, elle trouve refuge dans la cour d’un restaurant en ruine. Là, elle découvre l’amour, défie la loi du bec et se bat pour protéger ses œufs. Sa quête, tendre et ironique, résonne avec les combats silencieux et petits arrangements de la vie humaine.





Évidemment sur le papier, Cocotte du cinéaste hongrois György Pálfi, semblait vagabonder sur la même prairie de tous les possibles que les magnifiques Cow d'Andrea Arnold et Eo de Jerzy Skolimowski (avec une maestria totalement différente er un ton résolument plus équilibré entre la comédie et la tragédie, certes), à savoir une aventure hybride jonglant continuellement entre la fiction et le documentaire, et dont l'originalité poétique et cinématographique est qu'elle soit racontée - presque - entièrement à travers le regard d'un animal : ici une poule (logique vu le titre), seule poussine noire d'une immense couvée industrielle qui va la voir être rejetée par la filière et promise à finir dans une casserole, sauf que la dite poulette à de la ressource et elle s'échappera, refusant son funeste destin tout en repoussant mille et un danger au coeur de dame nature (des humains qui ont la dalle, évidemment, mais aussi un aigle, un renard, un chien,...), avant d'être enfermé dans la cage d'un ancien restaurateur, et d'une condition sous emprise...

Copyright Pallas Film 2025 / Paname Distribution

À l'écran en revanche, la limonade n'est pas fondamentalement la même, la promesse irrésistible d'une odyssée/fable à hauteur de plumage façon récit initiatique dans une Grèce oubliée où le cinéaste capturerait la différence de son volatile, pour mieux sensibiliser son auditoire sur la cruauté animale et leurs droits bafoués (jusqu'à la violence, ici particulièrement explicite, qu'on leur impose pour une poignée d'œufs), n'étant pas vraiment tenu de tout son long, la faute à une présence humaine un peu trop accrue qui vient trancher avec la poésie d'une dynamique pourtant particulièrement maligne, qui donne du corps et de la personnalité à son vilain petit canard version poule, grâce à une exagération de ses actes/réactions tout autant qu'à un subtil jeu de montage, qui rend particulièrement suggestif ses émotions.

Dommage donc qu'il n'arrive pas à pleinement s'extirper des affres d'un anthropocentrisme que d'autres avaient su laisser de côté (clairement les exemples plus haut), car Cocotte réussit, partiellement, à incarner un road movie à griffes captivant, original et enchanteur, une proposition à la fois drôle et tragique embaumée dans la jolie musique de Szabolcs Szőke.


Jonathan Chevrier