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[CRITIQUE] : La lumière ne meurt jamais


Réalisatrice*teur : Lauri-Matti Parppei
Avec : Samuel Kujala, Anna Rosaliina Kauno, Camille Auer,...
Distributeur : Les Alchimistes
Budget : -
Genre : Drame.
Nationalité : Finlandais, Norvégien.
Durée : 1h48min.

Synopsis :
Pauli, célèbre flûtiste classique, retourne dans sa petite ville natale pour se remettre d’une dépression. Il renoue avec une ancienne camarade de classe, qui lui propose de rejoindre un groupe de musique joyeusement anticonformiste. Comment Pauli, de nature plutôt perfectionniste, va-t-il se laisser embarquer dans cette aventure musicale aussi inattendue qu’expérimentale ?





Quand bien même il n'est pas aussi exporté que ses voisins suédois et norvégien (en grande partie grâce à Joachim Trier, certes), le cinéma finlandais n'en reste pas moins prolifique et surtout (très) intéressant à suivre, lui qui ne se résume - évidemment - pas qu'aux quelques envolées lyriques du maître Aki Kaurismaki (ne cites pas le Finlandais barré Renny Harlin, respectes-toi un peu lecteur adoré).

Pour preuve les excellentes et récentes excursions dans le cinéma de genre de ces cinéastes, du gentiment protéiforme et barré Egō d'Hanna Bergholm (cauchemar savoureusement grotesque et tragique à la fois, sorte de fusion folle délicate entre le body horror, le thriller psychologique et la satire acérée), au diptyque résolument plus régressif et musclé SISU de Jalmari Helander (pur midnight movies pulpeux et déviant venus du froid, qui joue amoureusement avec les codes du survival et de l'actionner décomplexé, pour mieux dégainer un massacre fun et sanglant, certes encore plus délirant dans le second opus), sans oublier la comédie noire et grinçante chère à J.-P. Valkeapää.

Copyright Made / Les Alchimistes 

La comédie dramatico-loufoque un chouïa nihiliste elle aussi, visiblement, se taille une belle place dans le septième art du pays aux mille lacs, pour preuve avec le premier long-métrage de Lauri-Matti Parppei - premier.ère personne non-binaire en sélection à l'ACID -, La lumière ne meurt jamais, odyssée douce-amère et à l'humour gentiment grinçant flanquée au plus près des aternoiments d'un flûtiste renommé qui, en proie à une dépression particulièrement corsée, tente de retrouver goût à la vie et de rompre le vide de son existence en faisant son retour au sein du cocon familiale, mais aussi et surtout auprès d'une musicienne atypique, dont l'approche musicale est diamétralement opposée et bien plus radicale que la sienne.

Tout est là, dans cette union de deux âmes dissemblables mais complémentaires (l'une est dépressive et insatisfaite, l'autre pétillante et patiente) que dans les accords inattendues et intuitifs d'une relation musicale qui semble bien plus - et à raison - intéresser Parppei, qui ne cherche jamais réellement à tromper les coutures conventionnelles d'une narration qui effleure volontairement ses thématiques sensibles et douloureuses, pour mieux voguer vers la voie d'un petit bout de cinéma mélancolique et empathique, dont les quelques excentricités renforcent joliment son charme.
Imparfait donc, mais sensiblement singulier et envoûtant.


Jonathan Chevrier