[TOUCHE PAS À MES 80ϟs] : #188. Back To The Future Part. 2
Nous sommes tous un peu nostalgique de ce que l'on considère, parfois à raison, comme l'une des plus plaisantes époques de l'industrie cinématographique : le cinéma béni des 80's, avec ses petits bijoux, ses séries B burnées et ses savoureux (si...) nanars.
Une époque de tous les possibles où les héros étaient des humains qui ne se balladaient pas tous en collants, qui ne réalisaient pas leurs prouesses à coups d'effets spéciaux et de fonds verts, une époque où les petits studios (Cannon ❤) venaient jouer dans la même cour que les grosses majors légendaires, où les enfants et l'imaginaire avaient leurs mots à dire,...
Bref, les 80's c'était bien, voilà pourquoi on se fait le petit plaisir de créer une section où l'on ne parle QUE de ça et ce, sans la moindre modération.
Alors attachez bien vos ceintures, mettez votre overboard dans le coffre, votre fouet d'Indiana Jones et la carte au trésor de Willy Le Borgne sur le siège arrière : on se replonge illico dans les années 80 !
#188. Retour vers le futur 2 de Robert Zemeckis (1989)
Mais le cœur du film se trouve ailleurs : dans sa vision pessimiste de l’effet domino. L’almanach sportif de Biff, moteur du récit, devient le symbole d’un fantasme très contemporain : celui de l’optimisation absolue, du raccourci vers la réussite. En transformant Hill Valley en dystopie grotesque sous la coupe d’un Biff tout-puissant qui n’est pas sans rappeler le look grotesque et la mégalomanie façon Trump, le film propose une satire sociale étonnamment mordante. Derrière l’humour, il dessine un monde dominé par l’argent, la corruption et le cynisme médiatique, une caricature qui résonne encore aujourd’hui.
Avec le recul, le film apparaît aussi comme le plus mélancolique de la trilogie. Marty et Doc y découvrent que le temps n’est pas un terrain de jeu sans conséquences. Chaque correction engendre une perte, chaque victoire cache une faille. Le futur n’est ni idéal ni maîtrisable : il est fragile, instable, profondément humain.
Trente-sept ans après, Retour vers le futur 2 n’est plus seulement une suite ambitieuse ; c’est une œuvre charnière, qui annonçait déjà notre fascination contemporaine pour les réalités alternatives, les récits circulaires et les futurs incertains. Un film imparfait, certes, mais courageux, dont l’écho n’a jamais cessé de voyager dans le temps.

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