[CRITIQUE] : Animus Femina
Réalisatrice : Eliane de Latour
Acteurs : -
Distributeur : Dean Medias
Budget : -
Genre : Documentaire.
Nationalité : Français,.
Durée : 1h42min.
Synopsis :
Ours, loups, bouquetins, bisons…sous un soleil d’hiver. Un rêve ancien reprend souffle avec 4 femmes qui tentent de réparer les liens rompus entre humains, animaux et territoires.
Si la fiction commence de plus en plus à aborder la question de la cause animale et de notre nécessité - alarmante - à ne pas faire basculer les choses au point de lentement et consciemment glisser vers le point de non-retour (on ne dénombre plus le nombre d'espèces en voie de disparition, ou même totalement disparues), le giron du documentaire lui, n'a jamais cessé de taper du poing en pointant tous les travers d'une humanité qui n'a de cesse de s'autodétruire et de nuire à ce (et ceux) qui l'entoure.
S'il est décemment facile de jouer la carte du discours moralisateur en intimant au spectateur (et aux gouvernements, sourds et aveugles) de remettre - chacun à son échelle - en cause son attitude individuelle pour le bien de tous, certains cinéastes privilégient une sensibilisation certes plus douces mais pas moins percutantes, en laissant parler la force de leurs images bien plus que leurs discours.
Dans un souci optimiste d'offrir une réponse à un problème que ceux qui peuvent pleinement agir ne veulent pas résoudre, Eliane de Latour fait de son documentaire Animus Femina un formidable portrait choral de quatre femmes dissemblables (une vétérinaire, une chercheuse,...) mais complémentaires dans leurs actions, qui tentent de réparer les liens rompus entre humains, animaux et territoires, au plus près de leurs efforts dans une volonté de replacer l'humain dans une équation où, habituellement, le cinéma a tendance à l'effacer - où à le mettre dans une position plus distancée.
Avec en son cœur la volonté, louable et essentielle, de souligner la responsabilité personnelle de chacun pour agir et renforcer l'impact collectif, comme de pointer la nécessité de prendre soin les uns les autres, pour tutoyer une harmonie certes utopique, mais de plus en plus irrémédiablement menacée, le film est un documentaire certes perfectible mais vibrant et important.
Jonathan Chevrier





