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[FUCKING SERIES] : His & Hers : Georgia vices


(Critique - avec spoilers - de la mini-série)


Déjà que le genre était particulièrement prisé par les plateformes de streaming avides de formules un minimum populaires et facilement déclinables à foison, gageons que le succès conséquent mais prévisible en salles de La Femme de Ménage de Paul Feig (mise en images du best-seller de Freida McFaden, dont la suite est actuellement dans les tuyaux du côté de chez Lionsgate), risque de faire encore un peu plus grimper la côte du thriller domestique au coeur des algorithmes et des propositions hivernales.

Copyright Netflix

Première déclinaison de l'année du côté de la firme au Toudoum, His & Hers, mini-série swinguant tout du long sur le fil ténu de l'absurde et adaptée du roman éponyme de la rompue à l'exercice Alice Feeney (dont l'intrigue traverse l'Atlantique pour passer de la Grande-Bretagne aux États-Unis), n'a décemment pas pour vocation de bousculer la moindre de ses familiarités évidentes avec une recette qui, à la différence de ses personnages grossièrement brossés, n'a plus réellement de secrets pour son auditoire.
Et c'est, paradoxalement, cette volonté de ne jamais réellement voguer sur un velours original qui fait une bonne partie de son charme certes désuet, mais charmant quand-même.

Cocktail pas toujours finaud de secrets pas réellement enfouis, de mensonges/tromperies potentiellement mortels, de rancœurs tenaces et de meurtres gentiment sanglants, flanqué dans un état de la Géorgie à la chaleur écrasante, le show joue la carte du thriller domestico-psychologique riche en rebondissements où chaque histoire a plus son lot de conteurs menteurs que de vérités, cloué aux basques d'une figure solitaire qui s'est éloignée de ses amis comme de sa carrière de journaliste à cause d'une tragedie intime, mais qui voit dans le truchement d'une autre - un meurtre brutal dans la ville paisible où elle a grandi - l'opportunité de renaître de ses cendres, même si son retour ne fait pas que des heureux, à commencer par son époux, le détective Jack Harper, intimement lié à la victime et évidemment chargé de l'enquête...

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Proposition haletante et grotesque à la théâtralité totalement assumée (essentiel pour une intrigue aux dont les figures centrales sont tourmentées par de terribles secrets appelés à inévitablement éclater dans un jouissif bain de sang), dont le rythme comme l'écriture est à l'image même de son intrigue policière - incroyablement décousue -, His & Hers n'en reste pas moins plaisante tant elle incarne une véritable fabrique à rebondissements suffisamment déglingués pour maintenir l'intérêt intact.
Le tout avec pour co-pilotes, un tandem Tessa Thompson (parfaite en journaliste glaciale et arrogante) et Jon Bernthal (en mode Bernthal, donc excellent) en charentaises.

C'est pas toujours bon ni fin, mais ça se regarde sans faim... on ne lui en demandait pas forcément plus.


Jonathan Chevrier