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[CRITIQUE] : Sans Pitié


Réalisateur : Julien Hosmalin
Acteurs : Adam Bessa, Tewfik Jallab, Jonathan Turnbull,...
Budget : -
Distributeur : Moonlight Films Distribution
Genre : Drame, Thriller.
Nationalité : Français, Belgique.
Durée : 1h34min

Synopsis :
Maria élève seule ses deux fils, Ryan et Dario. À eux trois ils tiennent le stand de tir dans une petite fête foraine. Après une balade en moto avec son grand frère, Dario disparait et reste introuvable. C’est seulement le lendemain qu’il réapparait blessé et muré dans le silence. Vingt ans plus tard, à la mort de leur mère, les deux frères se retrouvent. Dario a reconstruit sa vie au Canada, alors que Ryan est lui, resté à Ferris Wheel, vivant du stand et de petites combines. Dario redécouvre cette vie foraine, presque oubliée, et la famille qui la compose. Mais un soir, parmi l’entourage de Ryan, il se retrouve par hasard, face à l’un de ses ravisseurs. De ce jour, les deux frères doivent composer avec d’un côté la vengeance, et de l’autre, le pardon…





Quand bien même le concept pourrait en faire sursauter plus d'un (sans doute les trois du fond à ne pas réellement s'intéresser, ni même avoir tout simplement conscience, de ce qui sort chaque mercredi), il n'y a finalement rien de plus sain que de mesurer la bonne santé d'un cinéma, à travers la qualité des premiers efforts de toute la galerie de jeunes cinéastes cherchant sensiblement faire leur trou tout autant qu'à démontrer la richesse et l'éclectisme de notre production, qui ne demande qu'à être soutenu - surtout en salles.

En ce sens, le cinéma hexagonal se porte particulièrement bien, pour peu qu'on s'arrête sur une poignée de sorties toutes récentes, à l'image de Sans pitié de Julien Hosmalin, bon petit polar néo-noir des familles familier et personnel à la fois qui, à défaut de révolutionner la popote, fait admirablement bien le café dans sa volonté de citer naturellement les thrillers familiourbains de James Gray, tout en n'ayant jamais peur de bifurquer généreusement du côté revenge movie musclé, avec même un doigt de western (et ce, sans pour autant se perdre dans les méandres tortueux du bis relax qu'on aime tant).

Copyright Moonlight Distribution

Brut de décoffrage et annonçant gentiment la couleur dès son ouverture, flanqué dans un cadre peu commun (le monde forain, rarement arpenté sur grand écran et qui pousse intimement, à la comparaison avec The Place Beyond The Pines de Derek Cianfrance) tout en faisant totalement fit de son pitch limité - mais pas limitant - et taillé à la serpe, fruit une écriture corsetée et pas si propice que cela aux embardées singulières (vingt ans après une terrible tragédie, deux frères dont le plus jeune s'est muré dans le silence depuis l'événement et a trouvé refuge au Canada, se retrouvent au décès de leur mère, un retour aux sources qui motivera une tempête de violence matinée de vengeance et de rédemption), ce premier effort sous influences fleure bon le sang et le bitume, vissé sur une déchéance fraternelle tragique motivée par la brutalité des traumatismes et des non-dits, et incarnée avec prestance par le tandem Adam Bessa/Tewfik Jallab.

Du cousu main donc, pas exempt d'asperités mais agité et sincère, entre la séance rugueuse et viscérale et la petite capsule sous influences où Julien Hosmalin démontre que même s'il vient tout juste d'arriver, il a compris l'essentiel : c'est bien dans les vieux bols, que l'on fait les meilleures soupes burnées...


Jonathan Chevrier