[CRITIQUE] : Orfeo
Réalisateur : Virgilio Villoresi
Acteurs : Aomi Muyock, Vinicio Marchioni, Giulia Maenza, Luca Vergoni,...
Distributeur : -
Budget : -
Genre : Animation, Fantastique.
Nationalité : Italien.
Durée : 1h14min
Synopsis :
Les aventures d’un Orphée moderne, éperdument amoureux - presque jusqu’à la folie - de la mystérieuse Eura (ou Eurydice).
Passé plusieurs décennies (depuis le début des années 80, en gros) ou seules quelques figures populaires venaient, à l'occasion, gentiment replacer son cinéma au centre des débats, le cinéma italien semble s'être offert une véritable cure de Jouvence depuis une bonne dizaine d'années désormais, composant une sorte de nouvelle vague portée par une pluie de jeunes visages/cinéastes talentueux, certes résolument moins audacieux que leurs incroyables figures tutélaires (pas la même époque, évidemment, et c'est un reproche facile que l'on pourrait - en partie - se faire nous-même avec notre propre production hexagonale), mais avec de vraies jolies choses à dire caméra au poing.
Tant mieux pour lui et, surtout, tant mieux pour nous puisque la proposition en salles - où ailleurs - n'est jamais plus forte que lorsqu'une industrie est en pleine possession de ses moyens comme de sa créativité.
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Et de créativité, le wannabe cinéaste Virgilio Villoresi n'en manque pas avec son premier effort, Orfeo, pas un mal puisque le bonhomme tente de croquer une variation ludique et un tant soit peu originale du mythe d'Orphée (quitte a en perdre toute la puissance psychologique), encore très présent dans la production contemporaine (coucou Sky Dome 2123 de Sarolta Szabó et Tibor Bánóczki, sorti il y a moins de deux ans), dans une sorte d'opérette jazzy sur pellicule entre le conte de fées candido-baroque et le musical expérimental shooté caméra à l'épaule, flanqué au plus près de l'histoire, cousue de fil blanc, d'un pianiste solitaire éperdument amoureux d'une femme qu'il a le malheur de suivre dans lieu enchanté, magique et surréaliste, à la frontière entre la vie à la mort.
D'un kitsch artisanal gentiment hypnotique, Villoresi trompe la vulnérabilité de sa narration (notamment dans la caractérisation de ses personnages, taillés à la serpe) comme du jeu - inégal - de ses interprètes, par une grace féerique et mélancolique (voire même un brin macabre), faisant de son cadre un véritable spectacle scénographique à la fois ludique et spontané (animation image par image, jeu d'ombres et de miroirs, fondus enchaînés,...).
Son amour pour le septième art déborde bien plus du cadre que celui censé faire vibrer son histoire, mais c'est peut-être là, justement, qu'Orfeo trouve tout son charme - même artificiel.
Jonathan Chevrier


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