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[CRITIQUE] : Mutiny


Réalisateur : Jean-François Richet
Acteurs : Jason Statham, Annabelle Wallis, Roland Møller,...
Budget : -
Distributeur : SND
Genre : Action.
Nationalité : Américain.
Durée : 1h35min

Synopsis :
Cole Reed, ancien agent des forces spéciales reconverti en chef de sécurité, est accusé à tort du meurtre de son patron. Remontant le fil de la machination dont il est victime, il se retrouve piégé à bord d’un porte-conteneurs dont l’équipage est composé de mercenaires. En haute mer, Reed ne pourra compter sur aucune aide…



On pourrait intimement affirmer que nous nous sommes installés, tranquillement mais sûrement, dans une routine nostalgique avec ce bon vieux Jason Statham, toujours prompt à nous dégainer une à deux cuvée de pétage de gueules par année, comme si le cinéma d'action n'avait pas pris sa grosse vague de déclinement dans la bobine, depuis le milieu des années 90 : un action men d'exploitation toujours solide dans ses coups de tatanes et dans ses muscles.
Et, quoi qu'en dise ses détracteurs (de plus en plus nombreux, les affres de la stupidité cinéphile dirons-nous), le - où les - Statham annuel se fait toujours attendre avec une certaine impatience, sans doute l'un des ultimes plaisir coupable du cinéma musclé qu'Hollywood nous autorise encore à mirer dans les salles obscures - avec les dingueries un poil réac de ce bon vieux Gege Butler.

Clairement bien mieux foutu et sympathique que les tout aussi prolifique DTV de Scott Adkins, Michael Jai White, JCVD et Cie, les Statham movies ont toujours eu le mérite de mettre les aptitudes physiques du bonhomme dans de sacrés dispositions, digne des série B les plus délirantes des 80s/90s, d'autant qu'il s'est souvent rattaché les services de cinéastes solides (Guy Ritchie surtout) sachant sublimer un minimum ses badasseries - l'avantage de pouvoir faire péter, de temps, les dollars au box-office.

Copyright SND - Mutiny

Alors quand il n'est pas cantonné à une arrivée frustrante - et sans bruit - directement dans un catalogue Prime Vidéo qui ne le met pas du tout en valeur (Shelter du pas trop manchot Ric Roman Waugh, habitué aux tataneries de Gege Butler, est sorti dans l'anonymat le plus total en juin dernier et dans les bacs), mais qu'il est bien de retour dans nos salles obscures : on prend un billet et on ne se fait pas prier pour l'admirer.

Faîtes entrer le nouveau bonbon estival donc : Mutiny de notre Jean-François Richet national, qui n'avait pas encore accroché le Stath' a son beau tableau de chasse, pas réellement rip-off du monument Die Hard de John McTiernan (malgré une campagne promotionnelle qui a sensiblement joué dessus), et encore moins du Piège en Haute Mer d'Adrian Lyne (qui était lui, en revanche, un rip-off amusé de la première aventure de John McClane, avec un Saumon Agile à la bedaine pas encore décomplexée), et qui s'inscrit in fine dans une sorte de melting-pot des actionners de Liam Neeson et de Gege Butler : un ancien agent des forces spéciales reconverti en chef de sécurité, accusé à tort du meurtre de son patron, remonte le fil de la machination dont il est victime, avant de se retrouver piégé à bord d’un porte-conteneurs dont l’équipage est composé de mercenaires - mais pas que.

Du tout cuit pour une popote qui traîne il est vrai un poil en longueur pour installer ses billes et rentrer dans le feu de l'action (ce que l'on pourrait reprocher à, quasiment, toute la filmographie de Richet), pas aidé non plus par une écriture qui balise excessivement le moindre de ses rebondissements, mais qui réserve sensiblement son lot de castagnes violentes comme de complications pas si maladroitement amenées (une officière innocente à secourir, un trafic d'êtres humains à endiguer et des passagers clandestins à sauver d'un méchant capitaine, l'excellent Roland Møller), le tout au coeur d'un cadre - un gros navire cargo - usé jusqu'à la moindre parcelle d'acier (d'une manière infiniment plus ludique qu'Expendables 4).

Copyright SND - Mutiny

Cadré avec suffisamment de maîtrise pour ne pas sombrer (quelques séquences d'action frénétiques, des cadrages serrés sur le visage pas content du plus vénère des chauves britanniques), Mutiny incarne une bisserie concise, burnée et brutale qui fait froidement son office, elle qui recycle sans forcer le costume tout en triceps agités du Statham super-héros vengeur et en quête de justice, en le déplaçant dans un cadre plus original qu'à l'accoutumée - comme Shelter.
Ce qui veut dire que l'on était donc déjà un spectateur en grande partie conquis, avant même d'entrer dans la salle...


Jonathan Chevrier