[CRITIQUE] : Insidious : L'Invasion du lointain
Réalisateur : Jacob Chase
Acteurs : Amelia Eve, Brandon Perea, Lin Shaye,...
Budget : -
Distributeur : Sony Pictures Releasing France
Genre : Epouvante-horreur.
Nationalité : Américain.
Durée : 1h46min
Synopsis :
Gemma, une jeune mère élève sa fille dans la maison de son enfance. Elle découvre qu'elle peut voyager dans le Lointain, ce royaume purgatoire des âmes perdues au cœur de l'univers d'Insidious. Lorsqu'une entité malveillante s'en prend à elle, Gemma révèle un pouvoir qui change tout : elle ne se contente pas d'entrer dans le Lointain, elle peut ramener dans le monde réel ce qui s'y trouve. Une fois que les démons prennent conscience de son pouvoir, notre monde devient alors leur terrain de jeu.
Il faut se rendre à l'évidence : alors qu'elles touchent le fond en matière d'ineptie narrative et de qualité cinématographique, les réalisations du Wan-verse (la saga Conjuring comme ma saga Insidious, les deux étant, paradoxalement, créativement mortes mais plus attractives que jamais) continuent de perdurer et d'incarner des divertissements suffisamment lucratifs pour que le walk of shame désespérant qu'elles incarnent, ne freine pas d'un iota.
Prenant de plus en plus son temps pour raconter de moins en moins de choses - et surtout de plus en plus d'aberrances -, ancrant son spectateur dans la ferme - mais naïve - certitude qu'il ne pourra pas vivre une nouvelle expérience, Insidous de retour dans des salles jamais trop obscures, pour nous jouer un énième mauvais tour et surtout contenter les amateurs de frissons (très) faciles, avec un improbable L'Invasion du lointain qui, après un cataclysmique The Red Door, censé conclure les atermoiements de la famille Lambert dix ans après l'excellent second film (et avec Patrick Wilson himself à la fois devant et derrière la caméra), joue les Tacos six viandes en ramenant tout le lore du " Lointain " dans le monde réel - pourquoi s'emmerder, après tout.
![]() |
| Copyright Sony Pictures |
Potentiellement intéressant non pas dans ses possibilités horrifiques spectaculaires (furieusement amoindrie évidemment depuis l'absence de James Wan à la réalisation, tant la franchise s'est auto-expurgé de tout panache formaliste, tout jeu avec la profondeur de champ, de tout vrai sentiment de flippe... même si ici, Jacob Chase s'en sort avec les honneurs et s'inscrit sans trembler, comme le meilleur faiseur de la saga passé le papa de Malignant), mais bien dans sa volonté de vouloir partir dans tous les sens avec une générosité rare, à travers une odyssée bordélique et bouffée d'incohérences qui, à défaut de chercher à réellement faire peur, s'avère gentiment fun; le film tranche avec l'aura intimiste des précédents opus pour virer vers le vrai/faux revival improbable de House (on exagère, mais pas tant que ça), sorte de bis décontracté et ludique qui ne se vautre finalement que dans un dernier tiers trop déglingué pour son bien.
Alors certes, c'est écrit avec les pieds, les personnages sont taillés à la serpe (et enchaînent les choix absurdes à la pelle, pour faire avancer une intrigue laborieuse) et le manque de frisson le dessert douloureusement, mais il y a quelque chose de profondément rafraîchissant dans cette surenchère assumée, dans cette conscience qu'à Jacob Chase que l'édifice de l'horreur racée et intelligente était définitivement trop haut pour lui.
Oui, L'Invasion du lointain ne fait pas trois plis au drap d'un fantôme lessivé, mais il a le mérite de sortir la saga du fond du fond du gouffre des diableries banales et caricaturales où elle errait stupidement, et c'est déjà pas si mal.
Jonathan Chevrier


.jpg)






