[CRITIQUE] : La Nirvana

Réalisateur : Hakim Bougheraba
Acteurs : Ichem Bougheraba, Jean-Baptiste Brucker, Emma Smet, Éric Cantona, Gad Elmaleh,...
Budget : -
Distributeur : Apollo Films / Studiocanal
Genre : Comédie.
Nationalité : Français.
Durée : 1h38min
Synopsis :
Jean, un agriculteur en faillite, croule sous les dettes, les huissiers… et la solitude depuis que Sylvie l’a largué. Un soir, lorsqu’il s’apprête à commettre l’irréparable dans sa grange, un "miracle" lui tombe littéralement dessus : Foued, un jeune de cité en cavale, encastre son 4x4 rempli de drogue dans le mur de sa grange, lui sauvant la vie… par accident. Mais quand Jean, paniqué par la police qui rôde, brûle la voiture et sans le savoir la cargaison avec… les deux hommes se retrouvent piégés : l’un risque de perdre sa ferme et ses bêtes, l’autre sa tête. Pour rembourser la dette de Foued et sauver la ferme de Jean, ils décident de faire ce qu’aucun des deux n’aurait imaginé : cultiver du cannabis « bio », discrètement, au milieu des chèvres et des champs.
On sait sensiblement à quoi s'attendre avec le cinéma des frères Bougheraba qui, quoiqu'en diront certains, s'inscrivent pourtant peut-être plus encore que La Bande à Fifi, comme des héritiers des doux dingues tels que feu Philippe Clair où les Charlots (qui avaient d'ailleurs fusionnés douloureusement leurs auras, dans le difficilement défendable La Grande Java), des cinéastes shootés autant à la potacherie facile et régressive qu'à un humour absurde US so 80s (ZAZ en tête) et ce, tout en affirmant une personnalité qui leur est propre et qui, mine de rien, trouve gentiment son public en salles (et c'est quelque chose de plutôt sympathique et rassurant sur le papier, car si le cinéma et ses influences sont cycliques, certaines ne sont pas vouées à forcément exister plus loin que leur - plus où moins courte - époque).
Sans doute, peut-être, parce qu'ils viennent bousculer une comédie bien de chez nous qui n'aime que l'on chamboule ses codes habituelles, et qui préfère se complaire dans un mélange de clichés redondants et de prises de risques fantomatiques, lui assurant une pérennité productive qui pose gentiment question - restons poli.
Dans tous les cas, et bien que l'on conçoit que les goûts et les couleurs en humour soient différents pour tous, plusieurs de leurs productions arrivent à nous tirer plus d'un rire complice (ce qui n'est pas le cas, par exemple, des séances du Multiverse of Madness de Didier Bourdon et Christian Clavier... oui, on tire sans remords sur l'ambulance, et alors ?), au point que l'on ne rechigne pas à la découverte de toute nouvelle tentative.
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| Copyright 2025 - Cheyenne Federation – Aoki Movie – Apollo Films - Studiocanal - France 2 Cinéma _ Mounir Harmoumi |
Passé le sympathique (oui) Sous Écrous, sorte de fusion entre Police Academy et une micro-renaissance de la Taxi-era (présence de l'immense Bernard Farcy en prime), le nouveau délire des frangins promettait cela dit d'avoir un poil plus de mal à passer la douane cinéphile : La Nirvana, dont le pitch laissait potentiellement planer l'idée qu'ils fouleraient fougueusement le terrain tortueux du sous-genre (génial) du stoner déglingué (un agriculteur en faillite croulant sous les dettes et la solitude au point d'envisager mignon le suicide, pense voir la destinée lui offrir une seconde chance en la personne de Foued, un jeune de cité en cavale, qui encastre son 4x4 rempli de drogue dans le mur de sa grange; dite voiture qu'il brûle avec la cargaison, obligeant les deux hommes, pour rembourser leurs dettes, à discrètement cultiver du cannabis « bio »).
Petite erreur de jugement donc, puisque le film vogue plus volontiers sur les sentiers rebattus du tandem, entre la comédie régressive tout en premier degré et le constat socialo-facile même si néanmoins juste (peut importe d'où l'on vient : on fume les plantes de la galère jusqu'à la racine, et les frontières de l'illégalité au coeur de la galère la plus absolue qui soit, ne semblent plus si infranchissables), mais la popote familière comporte sensiblement plus de grumeaux que d'habitude (un Cantona on fire et un Elmaleh barré, ne parviennent jamais à rattraper la maladresse de leurs camarades de jeu, Jean-Baptiste Brucker en tête), pour emporter un minimum l'adhésion.
La séance n'était pas cité-rible (même pas pardon), mais intimement loin, très loin, du Nirvana vanté...
Jonathan Chevrier

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