Thibaut

[Y-A-QUOI A LA TELE CETTE SEMAINE ?] : #52. Semaine du 16 au 22 juin 2019



Chaque semaine je fais — pour vous — le tour des programmes TV en extirpant de tout cela une programmation cinématographique autour de trois œuvres.


Semaine du 16 Juin au 22 Juin



Dimanche 22 Juin. 

Chronicle de Josh Trank sur TF1SeriesFilms.

Après avoir été en contact avec une mystérieuse substance, trois lycéens se découvrent des super-pouvoirs. La chronique de leur vie qu’ils tenaient sur les réseaux sociaux n’a désormais plus rien d’ordinaire…

Aux premiers abords, Chronicle se présente comme un énième film de superhéros qui lorgne dangereusement vers Spider-Man. Il n’en est rien, comme M.Night Shyamalan avec son Incassable, Josh Trank s’empare d’un genre pour le malaxer à son image. Chronicle ne cherche pas le grandiose, le spectaculaire ou la bravoure, mais plutôt l’intime, le personnel, le réel. En soit un paradoxe tant le superhéros n’a rien de véridique, pour rendre tout cela plus palpable et donc plus saisissant; le cinéaste a recours au found footage, qui trouve ici, grâce au pouvoir de son héros une nouvelle dimension permettant d’apporter une ampleur à l’image. Un beau boulot qui conduira la 20th Century Fox a le recruter pour son reboot des Quatres Fantastiques, un projet alléchant sur le papier qui sera pourtant un véritable enfer pour le réalisateur.



Lundi 17 Juin. 

The American de Anton Corbijn sur C8.
 
Jack est un tueur à gages habile et expérimenté. Quand une mission tourne mal et lui coûte la vie de la femme qu’il aime, il se fait la promesse que son prochain contrat sera le dernier. Cette ultime mission le conduit dans un pittoresque village italien. Mais pour Jack, chaque lieu peut se révéler un piège et chaque personne une menace. Toutefois, il prend goût aux confidences échangées avec le prêtre du village, et se laisse entraîner dans une liaison avec une belle Italienne. Mais en baissant la garde, Jack prend peut-être des risques…

On pourrait croire que The American est un nouveau film d’espionnage dans le sillage d’un Mission Impossible ou l’on aurait remplacé Tom Cruise par George Clooney. Cela n’est pas le cas, au contraire, le long-métrage d’Anton Corbijn est une antithèse absolue de la saga américaine, empruntant bien plus à Hitckcock et Sergio Leone qu’à JJ Abrams ou Brad Bird -rien de péjoratif. Le film, loin de toute pyrotechnique, se drape dans une ambiance rugueuse, égnimatique, inquiétante et pourtant fascinante ou évolue un Clooney au sommet de son talent. S'éloignant de sa séduction légendaire, l’acteur américain trouve ici un rôle sombre, mutique, glacial par moment, habité tout du long.




Jeudi 20 Juin. 

Snatch de Guy Ritchie sur Cstar.

Franky vient de voler un énorme diamant qu'il doit livrer à Avi, un mafieux new-yorkais. En chemin, il fait escale à Londres où il se laisse convaincre par Boris de parier sur un combat de boxe clandestin. Il ignore, bien sûr, qu'il s'agit d'un coup monté avec Vinny et Sol, afin de le délester de son magnifique caillou. Turkish et Tommy, eux, ont un problème avec leur boxeur, un gitan complètement fêlé qui refuse de se coucher au quatrième round comme prévu. C'est au tour d'Avi de débarquer, bien décidé à récupérer son bien, avec l'aide de Tony, une légende de la gâchette.

Ah les débuts de Guy Ritchie, a cette époque on aurait pu le nommer le Tarantino anglais. Il y avait clairement un lien entre leurs filmographies, mais l’anglais a souvent surpris par des choix hasardeux, le dernier ? Son adaptation live d’Aladdin. Mais, revenons dans le passé, revenons à Snatch, film au faux air de Pulp Fiction où le cinéaste s’amuse tel un gamin et nous le fait ressentir. Imprégné par la patte de son réalisateur, le long-métrage est totalement décomplexé, impertinent, sa mise en scène surstylisée donne un côté purement tape-à-l’œil qui sera de mauvais goût pour certain, jouissif pour d’autres. Dans cette radicale coolitude, le cinéaste parvient un bel exercice d’équilibre ou la loufoquerie de la forme n’enlève pas la gravité de son fond.


Thibaut Ciavarella

Thibaut Ciavarella

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