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[CRITIQUE] : Gorgonà


Réalisatrice : Evi Kalogiropoulou
Acteurs : Melissanthi Mahut, Aurora Marion, Christos Loulis,...
Distributeur : UFO Distribution
Budget : -
Genre : Action, Drame, Science Fiction.
Nationalité : Grec, Français.
Durée : 1h36min.

Synopsis :
Au cœur d’une petite cité-État chaotique dominée par une gigantesque raffinerie pétrolière, les hommes, tous armés, détiennent le pouvoir. Leur chef Nikos, gravement malade, doit organiser sa succession. Des tensions s'installent lorsqu'il inclut sa protégée, Maria, parmi les prétendants au trône. Le destin de cette jeune femme va basculer avec l'arrivée d'Eleni, une chanteuse qui va enflammer le bar de la ville et bien au delà…




Le jeu des comparaison est, sensiblement, toujours un poil vulgaire - voire putassier, d'autant plus quand il n'est pas usé avec pertinence - quand bien même plus d'un où une cinéaste assume, avant même que leurs œuvres ne soient placés devant le regard critique (plus où moins affûté) du spectateur, des affiliations/références qui poussent, justement, à la comparaison.
D'autant qu'ils sont rares à savoir manipuler avec un minimum de maîtrise, le processus de citation/réappropriation cher à - jouons les exemples évidents - Quentin Tarantino, qui plus est lorsque ce sont de jeunes faiseurs/faiseuses de rêves se lançant sans gilet de sauvetage, dans le grand bain complexe du septième art.

Il y a, sans trop de doute, certainement de bonnes intentions qui se nichent derrière le premier passage derrière la caméra de la réalisatrice grecque Evi Kalogiropoulou, qui avait fait son petit boucan lors de la présentation cannoise de son court-métrage Motorway 65, mais les maladresses de son écriture couplées aux manquements de sa direction, font de Gorgonà une séance au mieux malade dans ses velléités de satire jamais réellement affirmée, au pire gentiment problématique dans ce qu'elle pointe du bout de sa caméra.

Copyright UFO Distribution

Flanqué dans un monde allégorico-dystopique qui se revendique comme une fusion entre le Mad Max premier du nom de George Miller, et une réinterprétation de plusieurs figures de la mythologie grecque, servant de cadre à un film d'action à la masculinité décomplexé et au pitch pas moins alléchant qu'un autre (dans une Grèce chaotique et divisée en petites cités-États où les hommes détiennent le pétrole comme le pouvoir, une femme est choisie comme prétendante aux côtés d'une pluie de mâles viriles, à la succession du big boss dont elle est le protégée, et tombe vite sous le charme d'une chanteuse débarquant en ville...), le long-métrage déroule une prose où il est tout du long difficile de définir si la posture de la cinéaste est ironico-cynique où pleinement premier degré, ce qui rend sa volonté d'exposer les stéréotypes de genre et du genre (le cinéma d'action) férocement contradictoire tant elle la représente avec un regard indiscutablement masculin et archaïque (sa manière d'aborder, à la lisière du porno soft, la relation lesbienne entre ses deux figures féminines principales; nouer l'émancipation de son héroïne au détour de la violence et de l'oppression d'un système patriarcal qu'elle est censée renverser), pas si éloignée d'un NWR contemporain au voyeurisme excessif et limite agressif (l'immonde Her Private Hell), sans profondeur formelle et encore moins narrative (au-delà de son intrigue et de son univers caricatural, tous ses personnages sont affreusement unidimensionnels).

Moins une remise en question des archétypes et structures patriarcales donc, qu'une reproduction presque complaisante dans sa manière - volontaire où non - d'objectifier les femmes, malgré un univers post-apo plutôt bien foutu vu ses moyens modestes.
Not quite our tempo.


Jonathan Chevrier