[CRITIQUE] : Des Fleurs pour Tokyo
Réalisateur : Yuiga Danzuka
Avec : Kodai Kurosaki, Ken'ichi Endô, Haruka Igawa,…
Budget : -
Distributeur : Nour Films
Genre : Drame.
Nationalité : Japonais.
Durée : 1h55min
Synopsis :
Ren livre des orchidées dans le quartier de Shibuya à Tokyo. Son père Hajime passe sa vie à dessiner des foyers pour les autres, jamais pour eux. Un jour, par hasard, une livraison les remet face à face.
C'est parce qu'il est douloureusement universel, appelé à habiter nos existences jusqu'à notre dernier souffle, que le deuil est une mécanique très souvent abordé par le septième art, tant sa complexité et son acceptation peuvent avoir une définition différente selon la personne qui en est touché et, de facto, dans l'expression que cherche à en offrir le cinéaste à sa barre.
S'il a été abordé/usé sous toutes ses formes possibles ou presque, à tel point qu'il est intimement difficile de proposer quoique ce soit d'original à son sujet, gageons qu'il est abordé d'une manière suffisamment singulière pour se démarquer par Danzuka Yuiga pour son premier long-métrage, Des Fleurs pour Tokyo, tant il plaque d'une manière presque physique et symbolique, sa fresque familiale endeuillée aux légers élans surréalistes, sous l'architecture fluctuante d'une Tokyo perpétuellement en mouvement où la notion même de foyer, affectif comme physique, n'a de cesse de repenser, (re)construire sa définition au jour le jour, mais continuellement dans une mélancolie écrasante.
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| Copyright Nour films |
Où comment l'effervescence d'un cadre urbain vient se heurter aux souvenirs, aux douleurs intimes, aux émotions complexes d'une humanité distancée - d'elle-même comme du monde -, en fixant sa caméra aux plus près des aternoiements de Ren, jeune livreur d'orchidées, et de sa soeur, Emi, sur le point de se marier, tous deux obligés d'affronter une figure paternelle qui a toujours brillé par son absence et son austérité à toute épreuve, Hajime, figure fuyante et aussi architecte individualiste que le cadre rigide qui les entoure qui, par son comportement, n'a fait que renforcé le traumatisme qui a brisé leur enfance/existence : la mort de leur mère, dont l'impasse du mariage comme le lent effacement est délicatement abordé dès son ouverture.
Réflexion profondément introspective sur l'espoir - sain - de vouloir renouer des liens sous le poids des ressentiments et de la culpabilité, frappée par une ironie douloureuse (un patriarche qui sait harmonieusement structurer l'espace urbain, mais est incapable de bâtir solidement son propre foyer), dont le groove est figé sur un rythme alternatif, jonglant entre des vents contraires (un esprit contemplatif, enraciné dans de longs plans-séquences au plus près de l'intimité de ses personnages, que vient tromper un montage plus brutal, qui n'a pas peur de jouer des ellipses); Des Fleurs pour Tokyo touche par son épure comme par ses élans métaphoriques (penser le paysage urbain comme un reflet émotionnel de ses personnages, tout en déracinement), par sa manière de laisser parler ses silences sans pour autant rompre un dialogue essentiel qui ne peut pas toujours passer par les mots.









