[CRITIQUE] : Les Silences de Riyad
Réalisatrice : Haifaa Al Mansour
Avec : Mila Al Zahrani, Aziz Gharbawi, Shafi Al Harthy,…
Budget : -
Distributeur : KMBO
Genre : Thriller.
Nationalité : Saoudien.
Durée : 1h39min
Synopsis :
Dans le désert saoudien, le corps d’une adolescente est retrouvé, sans qu’elle puisse être identifiée. Personne ne signale sa disparition et l’affaire est rapidement classée. Mais à Riyad, Nawal, une jeune employée du commissariat, refuse de lâcher ce dossier. En enquêtant sur la victime, elle met au jour des éléments qu’elle n’aurait jamais dû découvrir et se retrouve bientôt entraînée dans une affaire qui la dépasse.
Passé le coup de poing absolument grandiose que fut Wadjda, aussi bien bande miraculée (il est le premier film réalisé par une femme saoudienne) que vrai petit bout de cinéma vrai, galvanisant et émouvant sur le dur passage à la vie d'adulte d'une jeune femme rebelle, mais surtout deux escapades américaines à la qualité vraiment moindre (le biopic romancé Mary Shelley et la romcom nettement plus réussie Nappily Ever After du côté de Netflix), la cinéaste Haifaa Al Mansour revenait aux sources de son cinéma mais surtout sur ses propres terres, avec The Perfect Candidate (premier film à obtenir un financement du Conseil saoudien), fable morale et feel good au coeur du Moyen-Orient, sur une jeune femme déterminée et courageuse qui établit sa propre identité dans l'une des sociétés masculines les plus répressives au monde (incarnée par Mila Alzahrani, absolument formidable en infirmière surchargée de travail dans une clinique sous-financée, qui décide de briguer un siège au conseil municipal), qui ne péchait in fine que par sa mise en scène - conventionnelle - et facture, trop proche du téléfilm de luxe (malgré un score enivrant de Volker Bertelmann).
Six ans plus tard, et non sans avoir chapeauté plusieurs épisodes de séries outre-Atlantique, elle revient avec ce que l'on pourrait voir comme l'ultime opus de sa trilogie, Les Silences de Riyad, porté par une figure qui s'inscrit dans la droite lignée de l'audacieuse collection d'héroïnes déterminées et complexes qui composent son cinéma, une nouvelle fois confrontée aux réalités d'une nation où les élans de modernité se frottent à un conservatisme aux mœurs patriarcales chèrement enracinées : Nawal, une employée du commissariat de Riyad fraîchement divorcée et endeuillée (la toujours magnifique Mila Alzahrani), qui cherche à percer à sa manière, la vérité bien plus imposante qu'attendue derrière la découverte - puis l'affaire rapidement classée - du corps d'une adolescente retrouvée dans le désert saoudien, sans qu’elle puisse être identifiée, pour lui rendre justice mais aussi la dignité qu'on lui a volé.
Du polar saudi-noir (même pas pardon) sauce drame socialo-engagé narré sans fioritures et avec subtilité mais sans réelle tension, dont le groove plutôt prenant est à nouveau sensiblement plombé par une mise en scène sans ampleur ni éclats, le film ménage cela dit gentiment ses rebondissements (excepté dans climax qui fait toc tant il renverse trop tardivement les débats) pour mieux happer son auditoire dans les méandres d'une enquête tortueuse et improvisée, qui permet à la cinéaste d'une nouvelle fois questionner la place de la femme au coeur de la société saoudienne, sans pour autant supplanter ses enjeux dramatiques.
Moins fort que The Perfect Candidate donc, qui était déjà inférieur à Wadjda....
Jonathan Chevrier
Avec : Mila Al Zahrani, Aziz Gharbawi, Shafi Al Harthy,…
Budget : -
Distributeur : KMBO
Genre : Thriller.
Nationalité : Saoudien.
Durée : 1h39min
Synopsis :
Dans le désert saoudien, le corps d’une adolescente est retrouvé, sans qu’elle puisse être identifiée. Personne ne signale sa disparition et l’affaire est rapidement classée. Mais à Riyad, Nawal, une jeune employée du commissariat, refuse de lâcher ce dossier. En enquêtant sur la victime, elle met au jour des éléments qu’elle n’aurait jamais dû découvrir et se retrouve bientôt entraînée dans une affaire qui la dépasse.
Passé le coup de poing absolument grandiose que fut Wadjda, aussi bien bande miraculée (il est le premier film réalisé par une femme saoudienne) que vrai petit bout de cinéma vrai, galvanisant et émouvant sur le dur passage à la vie d'adulte d'une jeune femme rebelle, mais surtout deux escapades américaines à la qualité vraiment moindre (le biopic romancé Mary Shelley et la romcom nettement plus réussie Nappily Ever After du côté de Netflix), la cinéaste Haifaa Al Mansour revenait aux sources de son cinéma mais surtout sur ses propres terres, avec The Perfect Candidate (premier film à obtenir un financement du Conseil saoudien), fable morale et feel good au coeur du Moyen-Orient, sur une jeune femme déterminée et courageuse qui établit sa propre identité dans l'une des sociétés masculines les plus répressives au monde (incarnée par Mila Alzahrani, absolument formidable en infirmière surchargée de travail dans une clinique sous-financée, qui décide de briguer un siège au conseil municipal), qui ne péchait in fine que par sa mise en scène - conventionnelle - et facture, trop proche du téléfilm de luxe (malgré un score enivrant de Volker Bertelmann).
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Six ans plus tard, et non sans avoir chapeauté plusieurs épisodes de séries outre-Atlantique, elle revient avec ce que l'on pourrait voir comme l'ultime opus de sa trilogie, Les Silences de Riyad, porté par une figure qui s'inscrit dans la droite lignée de l'audacieuse collection d'héroïnes déterminées et complexes qui composent son cinéma, une nouvelle fois confrontée aux réalités d'une nation où les élans de modernité se frottent à un conservatisme aux mœurs patriarcales chèrement enracinées : Nawal, une employée du commissariat de Riyad fraîchement divorcée et endeuillée (la toujours magnifique Mila Alzahrani), qui cherche à percer à sa manière, la vérité bien plus imposante qu'attendue derrière la découverte - puis l'affaire rapidement classée - du corps d'une adolescente retrouvée dans le désert saoudien, sans qu’elle puisse être identifiée, pour lui rendre justice mais aussi la dignité qu'on lui a volé.
Du polar saudi-noir (même pas pardon) sauce drame socialo-engagé narré sans fioritures et avec subtilité mais sans réelle tension, dont le groove plutôt prenant est à nouveau sensiblement plombé par une mise en scène sans ampleur ni éclats, le film ménage cela dit gentiment ses rebondissements (excepté dans climax qui fait toc tant il renverse trop tardivement les débats) pour mieux happer son auditoire dans les méandres d'une enquête tortueuse et improvisée, qui permet à la cinéaste d'une nouvelle fois questionner la place de la femme au coeur de la société saoudienne, sans pour autant supplanter ses enjeux dramatiques.
Moins fort que The Perfect Candidate donc, qui était déjà inférieur à Wadjda....
Jonathan Chevrier


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