Breaking News

[CRITIQUE] : Gohan



Réalisateurs : Chayanop Boonprakob, Atta Hemwadee et Baz Poonpiriya
Acteurs : Jinjett Wattanasin, Tontawan Tantivejakul, Chatichai Chinnasi,...
Distributeur : -
Budget : -
Genre : Drame.
Nationalité : Thaïlandais.
Durée : 2h25min.

Synopsis :
Le monde soigneusement construit d'un célèbre agent immobilier est bouleversé lorsque son excentrique « petit frère » réapparaît de manière inattendue.





Les films de « chien-chien » constituent un genre à part que l'on ne peut qu'apprécier. Comment faire en effet pour ne pas être ému par les histoires impliquant nos canidés préférés, d'autant plus quand ils permettent de dévoiler le meilleur comme le pire de l'être humain ? Cette approche empathique se trouve au centre de Gohan, gros succès thaïlandais suivant les aventures d'un jeune chien errant par le biais de trois propriétaires différents à des moments distincts de son existence. Réalisé par Chayanop Boonprakob, Atta Hemwadee et Baz Poonpiriya, ce long-métrage a tout du crowd pleasure évident et devrait trouver sans mal son public dans nos régions par sa sincérité évidente.

Le facteur principal de la réussite du film se trouve évidemment dans les trois chiens qui incarnent Gohan, dont Hima, sauvé par l'un des réalisateurs et dont le récit de vie l'a justement inspiré dans la production du long-métrage. La caméra avance avec plein d'affect, collant à l'animal pour créer une proximité directe mais efficace dans son empathie évidente. Les trois portraits qui vont se développer dans le film profitent d'angles différents qui permettent de mieux croquer un aspect social tout en variant les personnalités et attentes, notamment face à leurs déceptions respectives.

GDH 559 / Deadline

Tout du long, le film n'hésitera pas à pousser les curseurs de l'émotivité, ce qui ne pourra que faire râler les habituels esprits cyniques qui aiment parler de chantage aux larmes. Pourtant, l'approche ne manque pas d'évidence dans le propos, rappelant l'importance de la place prise par les animaux de compagnie dans notre quotidien. Quand le film se réoriente vers le commerce de l'influence et les violences migratoires, la tournure semble à priori brute (d'autant plus quand le premier tiers se révèle peu à peu émouvant dans son optique) mais permet d'ajouter une couche thématique pas déplaisante, d'autant plus dans une œuvre que l'on imagine sans problème comme grand public. Dans une époque où l'on assume que faire un titre populaire signifie que l'on doit arrondir les angles, cela fait plaisir de voir que ce n'est pas le cas ici, même si certains reprocheront de prendre des gros sabots.

Gohan ravira les amateurs de chiens et de films qui ne diminuent jamais leur sensibilité. C'est un titre au ton populaire assumé et aux ficelles évidentes mais jamais au détriment de ses spectateurs. En ce sens, on a pris du plaisir par son rapport sentimentaliste évident, que ce soit dans ses traits d'humour ou ses aspects plus touchants, notamment car le film assume totalement ce biais. Il faudra voir si le public se laissera aller à la découverte de ce succès thaïlandais car il y a un vrai cœur ainsi qu'une affection sincère dans son approche, d'autant plus quand on aime les animaux. Les fans de bons chiens chiens pleureront à chaudes larmes, tout comme nous l'avons fait ici par sa galerie de personnages et son personnage principal, adorable à souhait.


Liam Debruel