[CRITIQUE] : Pinocchio Unstrung
Réalisateur : Rhys Frake-Waterfield
Acteurs : Robert Englund, Richard Brake, Cameron Bell,...
Distributeur : -
Budget : -
Genre : Epouvante-horreur, Thriller.
Nationalité : Américain, Britannique.
Durée : 1h23min.
Synopsis :
Une version horrifique de la marionnette de bois.
Dans le florilège d'univers partagés amenés par le succès financier du Marvel Cinematic Universe, il y en a un qui arrive à se distinguer par son approche assumée de relectures d'histoires familiales connues pour les tordre de manière violente. Nous parlons évidemment du Twisted Cinematic Universe, initié avec Winnie the Pooh : Blood and Honey. Ce qui avait commencé avec une reprise des aventures du petit ourson malicieux dans un bain de sang grâce aux possibilités offertes par un usage plus large de sa figure a ainsi lancé une franchise qui réinvestit constamment ses recettes pour produire de nouveaux titres avec une production value de plus en plus visible, et surtout une meilleure maîtrise de ses outils cinématographiques. En ce sens, Pinocchio Unstrung se révèle sans souci comme le meilleur titre de la franchise, ne serait-ce que par sa mise en scène plus contrôlée et s'amusant de son concept avec beaucoup de plaisir.
La confrontation du pantin de bois à la réalité du monde a toujours alimenté les diverses adaptations du récit et il était évident que ce serait également le cas dans le film de Rhys Frake-Waterfield. Ici, iI y a un côté très ludique par l'horreur associée, Pinocchio ne se rendant pas compte de la violence qu'il commet et se basant sur une forme de banalité morale qui sied au propos du film. D'ailleurs, chaque titre de la saga a su approcher la perturbation du quotidien par des figures censées évoquer une forme de rêverie mais dont la transposition dans la réalité se fait violente, comme si la fin de l'innocence passait par cette transition fictionnelle. C'est donc un des points thématiques de l'œuvre, d'autant plus par les mauvaises influences qui pèsent sur notre pantin (dont un Jiminy Cricket incarné par un Robert Englund qui s'amuse sans peine).
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La plus grande maîtrise visuelle du long-métrage se trouve dans le traitement de Pinocchio, dont l'animation fonctionne du tonnerre. On sent le travail dans la poupée ainsi que dans son design brut, évoquant déjà un regard distancié mais aussi une ambivalence morale qui renforce le plaisir du film. La caméra parvient à gérer, malgré des moyens qu'on imagine limités, cette approche technique qui se retrouve également dans ses mises à mort très graphiques. On sent le plaisir de sale gosse qui assume une générosité permanente, jusque dans sa manière d'inscrire son récit dans du gothique britannique et dans l'interprétation marquée de Richard Brake en créateur aux facettes peu reluisantes. Découvert dans l'ambiance du BIFFF pour son avant-première mondiale, c'est typiquement un film fait pour les festivals mais on espère surtout que le long-métrage trouvera une distribution plus large dans nos contrées justement par cet amusement permanent, jusqu'à une réplique finale délicieuse.
Drôle, brutal, sanglant et généreux, Pinocchio Unstrung marque l'attrait croissant que l'on peut avoir pour un Twisted Cinematic Universe aux contours visuels et thématiques de plus en plus maîtrisés tout en assumant totalement son mauvais esprit. Rhys-Frake Waterfield joue totalement de son concept en se mettant au service de son audience et en se réappropriant son concept de conte dans du graphique sec. Bref, on aimerait voir plus souvent pareils concepts bis sur grand écran, d'autant plus quand ça évite le foutraque facile sans jamais renier ses aspects les plus craspecs.
Liam Debruel


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