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[CRITIQUE] : Queen of The Dead


Réalisatrice : Tina Romero
Acteurs : Katy O'Brian, Margaret Cho, Jack Haven, Nina West, Cheyenne Jackson,...
Distributeur : Insomnia
Budget : -
Genre : Comédie, Épouvante-horreur.
Nationalité : Américain.
Durée : 1h39min.

Synopsis :
Un groupe de drag queens s'allient pour combattre des morts-vivants.






Force est d'admettre que le principal attrait entourant la vision d'un film tel que
Queen of The Dead, résidait dans la curiosité - plus ou moins malsaine, restons honnête - de voir si Tina Romero, fille de feu le grand Georges A. Romero, allait commencer à suivre les glorieux pas de son illustre père au cœur de la jungle d'un septième art qui ne lui a jamais réellement fait de cadeaux, ou ceux définitivement plus sombre de la pluie de nepo babies aux talents fuyants, comme l'industrie contemporaine les compte par dizaine (quand bien même on les retrouve plus devant que derrière la caméra).

Après tout, les pommes ne tombent jamais très loin du pommier, non ?

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Une piste de réponse résidait presque dans le choix de la wannabe cinéaste de continuer à s'inscrire dans la veine d'un fantastique résolument engagé, en poursuivant l'œuvre de son cher paternel au coeur d'un genre zombiesque qui a perdu ses lettres de noblesses outre-Atlantique - là où il survit avec sensiblement plus d'enthousiasme du côté de la Corée du Sud.

Queen of The Dead (titre génial, on est d'accord) joue donc la carte sous influences mais néanmoins dense entre le film de morts-vivants sous fond de culture queer et drag et le home invasion (où plutôt le " club/bar invasion ") sauce camp, en partant d'un pitch suffisamment charnu et original (lors d'un show drag dans un bar de Brooklyn, des drag queens et des clubbers apprennent par leur maire toxicomane - caméo parfait de Tom Savini - qu'une véritable épidémie de zombies infecte tout New York et, barricadés dans l'établissement, ils décident de mettre de côté leurs conflits personnels pour s'allier et tabasser du mort-vivant), pour virer vers une réactualisation queer et moderne de l'héritage familial en approchant la critique rageuse du consumérisme avec un esprit plus proche de la farce sociale impassible de Shaun of the dead, à travers une prise en grippe d'un capitalisme plus insidieux, fermement ancré dans notre dépendance au tout-numérique et qui nous rend esclave du virtuel au dépend du réel (même si son exposé n'est vraiment pas des plus subtiles).

Le tout en célébrant l'importance d'une vraie conscience collective comme pouvoir de résistance et de lutte ultime, tout en questionnant la notion même d'identité au coeur de la culture drag (entre le soi intime et le soi " performé ", à travers des points d'ancrage dissemblables mais complémentaires).

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Mais si narrativement - et thématiquement - Tina Romero tient solidement son premier effort (jusque dans son inversion des rapports de force habituels, avec une hétérosexualité masculine minoritaire), c'est du côté de la mise en scène que le bât blesse (même si sa direction d'acteurs•ices fait le boulot, offrant de.chouettes prestations à Kathy O'Brian, Nina West mais surtout Margaret Cho), tant sa sophistication esthétique n'arrive jamais réellement à épouser pleinement le tempo d'une horreur - et de la violence brute du sous-genre zombiesque - dont les effets/excès apparaissent un poil fade à l'écran, pas aidé non plus par un cadre new-yorkais presque anonyme et un rythme décousu, qui semble continuellement courir derrière la foulée euphorique de son premier tiers - jusque dans son final manqué.

Plus proche des derniers efforts de feu son père, que des hauts faits de sa glorieuse filmographie (si tenté est qu'une comparaison soit réellement pertinente), Queen of The Dead n'en reste pas moins un joli galop d'essai pour une cinéaste qui, on l'espère, continuera à placer fièrement le nom Romero, au sommet d'une horreur racée et intelligente où il a toujours eu sa place.


Jonathan Chevrier