[CRITIQUE/RESSORTIE] : New York 1997
Réalisateur : John Carpenter
Avec : Kurt Russell, Lee van Cleef, Ernest Borgnine, Harry Dean Stanton, Isaac Hayes, Adrienne Bardeau, Donald Pleasence,...
Distributeur : Splendor Films
Budget : -
Genre : Action, Science-fiction.
Nationalité : Américain
Durée : 1h36min
Date de sortie : 24 juin 1981
Date de ressortie : 24 juin 2026
Synopsis :
En 1997, Manhattan est devenu une immense prison ghetto où vivent, en micro-société, trois millions de prisonniers. Victime d’un attentat, l’avion du Président des États-Unis s’écrase en plein Manhattan avec des documents ultra-secrets. Snake, un dangereux criminel, est chargé, en échange de sa grâce, de partir à la recherche du Président. Parachuté dans Manhattan, il dispose de vingt-quatre heures pour mener à bien sa mission…
Jamais simple de se pencher sur une carrière aussi imposante que celle de John Carpenter quant elle a, au-delà d'avoir marqué au fer rouge de sa puissance toute une époque, solidement forgé notre propre cinéphilie à un stade où l'objectivité même de la plume, se voit gentiment taclée par la subjectivité de la nostalgie (pas toujours nocive, entendons-nous bien).
Et pour l'auteur de ses mots, la subjectivité est totalement assumée, et encore plus pour des oeuvres résolument plus imparfaites que d'autres, mais parfois plus marquantes.
Pensé après trois monuments (le chef-d'œuvre Halloween, le bouillant Assaut et le plus - injustement - mésestimé Fog) qui le surclasse sans forcer, New York 1997 aka Escape From New York n'en reste pas moins une merveille de dystopie rageuse et pessimiste (une vraie continuité à Assaut, finalement) enlacée entre la SF sobre et le film noir d'époque mâtiné d'action, cadrée dans un Scope absolument renversant et oppressant, prenant le parti d'un pitch tout aussi original que cynique (pour endiguer une criminalité galopante outre-Atlantique, Manhattan a été transformée en une immense prison insulaire et à ciel ouvert sauf que, ironie du sort - où pas - Air Force One s'écrase lors d'une prise d'otages, avec à son bord le président des États-Unis et une précieuse malette accrochée au poignet, que seul un ancien héros de guerre, Snake Plissken, relegué en prison et à qui on promet une chimérique remise de peine, peur sauver), pour mieux dévoiler la capacité folle du cinéaste à aborder frontalement les problématiques comme les dérives contemporaines, avec un militantisme racé et intelligent, qui n'obscurcit jamais la cohérence de son récit à la simplicité assumée.
Avec : Kurt Russell, Lee van Cleef, Ernest Borgnine, Harry Dean Stanton, Isaac Hayes, Adrienne Bardeau, Donald Pleasence,...
Distributeur : Splendor Films
Budget : -
Genre : Action, Science-fiction.
Nationalité : Américain
Durée : 1h36min
Date de sortie : 24 juin 1981
Date de ressortie : 24 juin 2026
Synopsis :
En 1997, Manhattan est devenu une immense prison ghetto où vivent, en micro-société, trois millions de prisonniers. Victime d’un attentat, l’avion du Président des États-Unis s’écrase en plein Manhattan avec des documents ultra-secrets. Snake, un dangereux criminel, est chargé, en échange de sa grâce, de partir à la recherche du Président. Parachuté dans Manhattan, il dispose de vingt-quatre heures pour mener à bien sa mission…
Jamais simple de se pencher sur une carrière aussi imposante que celle de John Carpenter quant elle a, au-delà d'avoir marqué au fer rouge de sa puissance toute une époque, solidement forgé notre propre cinéphilie à un stade où l'objectivité même de la plume, se voit gentiment taclée par la subjectivité de la nostalgie (pas toujours nocive, entendons-nous bien).
Et pour l'auteur de ses mots, la subjectivité est totalement assumée, et encore plus pour des oeuvres résolument plus imparfaites que d'autres, mais parfois plus marquantes.
In 1988, the crime rate in the United States rises four hundred percent. The once great city of New York becomes the one maximum security prison for the entire country. A fifty-foot containment wall is erected along the New Jersey shoreline, across the Harlem River, and down along the Brooklyn shoreline. It completely surrounds Manhattan Island. All bridges and waterways are mined. The United States Police Force, like an army, is encamped around the island. There are no guards inside the prison, only prisoners and the worlds they have made. The rules are simple: once you go in, you don't come out...
Pensé après trois monuments (le chef-d'œuvre Halloween, le bouillant Assaut et le plus - injustement - mésestimé Fog) qui le surclasse sans forcer, New York 1997 aka Escape From New York n'en reste pas moins une merveille de dystopie rageuse et pessimiste (une vraie continuité à Assaut, finalement) enlacée entre la SF sobre et le film noir d'époque mâtiné d'action, cadrée dans un Scope absolument renversant et oppressant, prenant le parti d'un pitch tout aussi original que cynique (pour endiguer une criminalité galopante outre-Atlantique, Manhattan a été transformée en une immense prison insulaire et à ciel ouvert sauf que, ironie du sort - où pas - Air Force One s'écrase lors d'une prise d'otages, avec à son bord le président des États-Unis et une précieuse malette accrochée au poignet, que seul un ancien héros de guerre, Snake Plissken, relegué en prison et à qui on promet une chimérique remise de peine, peur sauver), pour mieux dévoiler la capacité folle du cinéaste à aborder frontalement les problématiques comme les dérives contemporaines, avec un militantisme racé et intelligent, qui n'obscurcit jamais la cohérence de son récit à la simplicité assumée.
It's the survival of the human race, Plissken. Something you don't give a shit about.
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| Copyright Splendor Films |
Société complètement repliée sur elle-même, politique déconnectée aux lois répressives (et aux relations publiques désastreuses, nourris par le mensonge, l'hypocrisie et la dissimulation), défiance accrue face à une autorité brutale, l'individualisme dominant toute idée de solidarité/collectivisme : tous les maux au coeur du film, indissociables de l'ère Reagan et encore plus exacerbés aujourd'hui (d'autant qu'ils ne se limitent pas simplement au Pays de l'oncle Sam), démontrent crûment l'intemporalité de l'exposé de Carpenter, enrobé dans une ganache de série B certes pas exempt de maladresses (si quelques détails restent sans réponses, on ne pourra pas lui reprocher de ne jamais brosser ses personnages au-delà du superficiel, tant ce sont dans leurs comportements, anarchiques où à la fiabilité fuyante, qu'ils se révèlent), mais qui ne fait qu'exacerber l'impression d'apocalypse humaine imminente qui allait bientôt totalement nous envahir, bouffer toutes nos libertés tout en nous poussant à nous entretuer.
Call me "Snake."
Balade mythique dans un Manhattan chaotique et décomposé, auquel le papa de The Thing donne pleinement vie avec une économie de moyens qui force le respect (comment pointer la misère sociale et crier No Future sans le moindre effet putassier), sanctifiée par sa musique synthétique dantesque (son meilleur score, peut-être, avec Halloween), New York 1997 ne serait évidemment rien sans son anti-héros d'anthologie, Snake Plissken, incarnation inébranlable du sang-froid (Snake, serpent, sang-froid : tu l'as) aussi taciturne qu'il est fièrement vissé sur ses principes (il méprise l'autorité, n'obéit que par obligation et ne tue que s'il y est obligé; un lonesome cowboy qui n'a aucune velléité à sauver le monde, et encore moins son propre pays), incarné par un Kurt Russell halluciné et hallucinant - le rôle de sa vie -, et autour duquel gravite une pluie de seconds couteaux d'exception (d'un Ernest Borgnine touchant à un Lee van Cleef parfait en antagoniste majeur pour Snake, en passant par une Harry Dean Stanton ambivalent et un Isaac Hayes charismatique as hell).
Quarante-cinq ans après, le film n'a rien perdu de son charme rétro, et encore moins de sa puissance thématique.
Il s'appelait et s'appellera toujours Snake...
Jonathan Chevrier


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