[FUCKING SERIES] : The Boroughs : Older Stranger Things
(Critique - avec spoilers - de la saison 1)
Il n'y avait pas forcément à trop titiller de la fesse gauche pour réaliser que les frères Duffer, passé le dernier virage complètement raté de leur série phénomène, Stranger Things, allait continuer à capitaliser mignon sur une nostalgie des 80s qu'ils ont poncés plus que de raison, sous l'aval d'une Netflix trop bien consciente que de telles propositions acquièrent sans trop d'efforts, un succès immédiat.
Au-delà d'une déclinaison opportuniste de leur plus grande réussite (Stranger Things : Chroniques de 1985, dont la vacuité frise le génie), les voilà de retour à la production d'un total package qui pouvait presque friser le ridicule sur le papier, dans sa façon de recycler la même formule familière de citation/régurgitation de toute la production Amblin des 80s : The Boroughs, déclinaison troisième âge des aventures de Onze et sa bande, sorte de Goonies sauce Cocoon avec un gros doigt de Rencontres du troisième type, qui a troqué sa menace pour une plus commune (les éternels extraterrestres chères à Spielby et ses héritiers), et son cadre de l'Indiana pour celui plus aride d'une résidence pour retraités luxueuse et grandeur nature du désert du Nouveau-Mexique (coucou Pluribus).
Le tout au plus près d'un Scooby-gang aux visages méchamment réconfortants et qui s'éclatent comme à la belle époque (Geena Davis, Alfred Molina, Clarke Peters, Bill Pullman, Alfre Woodard, Jane Kaczmarek, Dee Wallace et Denis O’Hare... ça flatte mignon son cinéphile/sériephile).
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| Copyright Netflix |
Alors certes, par pur plaisir de voire cette belle galerie de comédiennes/comédiens devenus définitivement trop rares dans une jungle Hollywoodienne qui ne tolère pas les affres du temps (le trio Molina/Pullman/Davis est particulièrement en jambes et irrésistible, surtout le premier, incroyablement touchant en veuf taciturne qui reprend goût à vivre au moment même où son existence est menacée), le show n'a fondamentalement aucun mal à susciter l'adhésion d'autant qu'il reprend scrupuleusement la même trame (une bande de marginaux tente de sauver le monde face à des monstres envahisseurs, à travers une enquête surnaturelle où des personnages aux caricatures similaires, viennent faire vivre des intrigues secondaires plus où moins entraînantes avant le grand final), tout en cousant sur sa blouse des contraintes pas trop éloignées (une jeunesse désarmée face à son âge, laisse place à une vieillesse confrontée aux affres du temps et à une mortalité jamais très loin, mais aussi et surtout à la question de l'héritage qu'ils veulent laisser avant de mourir), mais contre toute attente, The Boroughs arrive à tromper l'opportunisme qui la caractérise comme ses faiblesses évidentes (une structure en huit épisodes d'une heure, au rythme décousu et qui peine mignon à démarrer sur ses deux premiers épisodes) et sa prévisibilité cotonneuse (aucune mauvaise surprise à l'horizon, et c'est une vraie qualité à noter), par une sensibilité et douceur rare.
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C'est infiniment bancal, ça tutoie la magie d'une science-fiction à l'ancienne sans jamais réellement l'embrasser pleinement mais étrangement, et ça ne s'embrasse pas vraiment avec un quelconque soucis de cohérence mais, étrangement, on se prend au jeu, en bonne poire nostalgique que nous sommes certes, parce qu'il y a une sincère envie de divertir derrière toutes les cases cochées d'un cahier des charges plus honorable qu'il n'en à l'air (mais pas trop non plus).
Ça n'égale pas la magie convoquée mais ça a le mérite de nous offrir une sympathique aventure avec des figures qu'on adore : c'est modeste certes, limité assurément, mais on a déjà passé des heures beaucoup plus désagréable sur des propositions encore plus ambitieuses, du côté de la firme au Toudoum.
Un meh donc, mais un meh qui a du cœur.
Jonathan Chevrier



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