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[CRITIQUE] : Iron Maiden : Burning Ambition


Réalisateur : Malcolm Venville
Avec : Bruce Dickinson, Blaze Bayley, Chuck D,...
Distributeur : Universal Pictures International France
Budget : -
Genre : Documentaire, Musical.
Nationalité : Américain.
Durée : 1h46min.

Synopsis :
Couvrant cinq décennies, Iron Maiden : Burning Ambition retrace leur ascension emblématique pour devenir l'un des plus grands groupes de l'histoire de la musique.




C'est paradoxal voire même presque méchamment contradictoire, on est d'accord, mais à une heure où le biopic musical se sent parfois comme la proposition la plus cheap et facilement déclinable du marché, la faute à des productions qui ne sont souvent guère plus que des exercices glorifiés de gestion de marques/icônes, articulés entre des numéros musicaux fédérateurs - et à la lisière du fan service (trop) respectueux -, et une narration distribuant avec plus ou moins de finesse des informations biographiques approuvées par la succession et/ou les proches des défunts; le documentaire musical lui, peut-être plus conventionnel encore dans son fond comme dans sa forme, s'avère finalement moins " critiquable " lorsqu'il suit scrupuleusement même les chemins les plus balisés qui soient, lui qui n'a pas un canevas d'approche plus étendu que la fiction, mais n'est pas obligé d'incarner un simili-juke-box sans âme pour combler un manque de vision initiale.

Monument d'un heavy metal qu'il a marqué au plus profond de sa chair sur pas moins de cinq décennies (et dont l'ampleur comme l'impact de la musique, ne se limite pas à un simple style musical - auquel ils ont initié des millions de personne - et encore moins à une seule sous-culture, mais bien à tout l'histoire de l'industrie), Iron Maiden, le groupe le plus populaire et influent de la New Wave of British Heavy Metal, se devait d'avoir droit lui aussi à une vraie célébration béate gravée dans le marbre de la pellicule (d'autant que Iron Maiden: Flight 666 de Sam Dunn, qui revenait principalement sur la première partie de la tournée Somewhere Back in Time, a déjà dix-sept printemps au compteur), et si possible sanctifiée dans une salle jamais assez obscure.

Copyright Ross Halfin / Universal Pictures

Sobrement intitulé Iron Maiden : Burning Ambition et chapeauté par Malcolm Venville, le documentaire joue gentiment la carte de la sécurité en incarnant une hagiographie condensée (1h45 minutes, et pas un pet de gras supplémentaire), un solo de guitare sans aspérités où les figures les plus emblématiques du groupe viennent baliser les moments clés comme les hauts (surtout) et les bas de leur odyssée musicale et humaine à l'ascension fulgurante, à travers une narration rythmée et riche en images d'archive (qui valent a rlles seules le déplacement); un portrait savamment élogieux (et à raison) auquel vient se greffer quelques légères peintures d'époque (surtout durant la décennie 80s, avec un Londres bouffé par l'inflation et la politique répressive de Thatcher), mais également des témoignages extérieurs plutôt rafraîchissants (dont un Javier Bardem particulièrement enthousiaste, mais également les légendaires Lars Ulrich et Gene Simmons).

On groove sur du velours peu granuleux donc, plus exhaustif que réellement pertinent et incisif, qui brosse sans désaccords le groupe comme les fans (dont on souligne sans nuance le lien indéfectible qui les unit) dans le sens des cordes, à défaut de lancer quelques riffs électrisants voire de laisser un peu plus leur musique, parler pour eux.
Mais la balade n'en reste pas moins, pourtant, franchement agréable pour quiconque sachant pertinemment ce qu'il va voir : une compilation sans amertume pour le fervent admirateur du groupe, et une potentielle découverte tout en douceur pour les non-initiés.
D'ailleurs, si vous êtes des ceux-là, laissez-vous aller à écouter Piece of Mind, Powerslave, Somewhere in Time ou encore Seventh Son of a Seventh Son et Virtual XI, et vous comprendrez assez vite pourquoi ils sont aujourd'hui les légendes qu'ils méritent d'être.


Jonathan Chevrier