[CRITIQUE] : ChaO
Réalisateur : Yasuhiro Aoki
Avec : Oji Suzuka, Anna Yamada, Kenta Miyake,…
Distributeur : Eurozoom
Budget : -
Genre : Animation, Aventure.
Nationalité : Japonais.
Durée : 1h30min
Synopsis :
Dans un monde où humains et sirènes coexistent, Stephan, un employé de bureau ordinaire fait la rencontre de Chao, une princesse du royaume des sirènes. Après une demande en mariage à son insu, Stephan n'a pas le temps de comprendre ce qui lui arrive et doit partager sa vie avec cette fille adorable mais imprévisible. L’amour sincère que Chao a pour lui le pousse à tout remettre en question. Commence alors une romance inattendue et touchante entre deux êtres que tout oppose.
Dans la longue flopée de contes chapeautés par Hans Christian Andersen, La Petite Sirène semble être devenu l'œuvre la plus facilement déclinable et propice à la réappropriation de ceux qui s'y attache, logique en comparaison de La Petite Fille aux allumettes, même si la version originale des aventures de la dite sirène s'avère bien, bien plus sombre.
Sur les dernières années, au-delà d'un remake en prise de vue réelles - frappées de quelques légères évolutions - par Disney de son propre dessin animée, voire d'un opportunisme tâcheron made in The Asylum (que l'on regrette mignon d'avoir manqué), on peut citer aussi bien Ponyo sur la falaise du roi Hayao Miyazaki - une libre adaptation certes, mais adaptation quand-même -, Luca d'Enrico Casarosa (entre la pièce d'époque douce et ouvertement " Miyazakienne ", et le récit d'aventure imbibé de l'aura de La Petite Sirène voire même Splash-ienne, puisque comme Darryl Hannah dans Splash, la vraie nature des garçons est révélée chaque fois qu'ils sont mouillés, soit un danger omniprésent dans une cité côtière), où encore Bubble (relecture cyberpunk et sauce parkour du célèbre conte).
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On peut désormais ajouter ChaO de Yasuhiro Aoki, adoubé par le dernier Festival d'Annecy - Prix du Jury à la clé -, transposition de l'œuvre d'Andersen dans un Shanghai futuriste où humains et créatures amphibies vivent dans une forme précaire d'harmonie utopique et colorée, au plus près de la relation rocambolesque et malheureuse (mais à la rencontre particulièrement cocasse) entre Stephen, un employé subalterne d'un chantier naval, et la princesse sirène ChaO, dont la forme " monstrueuse " rebute le jeune homme avant qu'il réalise qu'elle " s'humanise " au contact de l'eau...
Jonglant habilement entre la réinterprétation excentrique (du conte comme des codes de la comédie romantique, à travers une belle union des contraires) et la parabole satirico-affutée (notamment sur l'artificialité destructrice des canons de beauté, là où son message écologique se fait plus conventionnel) à l'humour subtil et accrocheur, au coeur d'une narration tout en flashbacks pas toujours heureuse, mais qui sape jamais la créativité fantastique et au grotesque assumé d'Aoki, et encore moins un rythme soutenu, ChaO, qui aurait sans doute mérité à développer encore un peu plus son univers (aussi spectaculaire que fascinant), n'en reste pas moins une (très) chouette balade qui porte fièrement son imaginaire singulier comme son optimisme en bandoulière.
La belle bulle (sans mauvais jeu de mots) de fraîcheur de la semaine.
Jonathan Chevrier








