[FUCKING SERIES] : La Meneuse saison 2 : Still a (very) good comfort show
(Critique - avec spoilers - de la saison 2)
Quand bien même elle ne dépassait jamais totalement les limites de sa formule calibrée et sous-algorithme issue d'une firme au Toudoum rarement prompt à péter dans la soie de l'originalité, Running Point aka La Meuneuse, créée par le quatuor Elaine Ko, Mindy Kaling, Ike Barinholtz et David Stassen (librement inspirée de la véritable histoire de la présidente des Los Angeles Lakers, Jeanie Buss), était l'une des belles surprises du catalogue Netflix, petit rendez-vous doux et enthousiasmant qui trompait ses feux airs de sous-Ted Lasso pour mieux revenir avec une certaine nostalgie - jamais vaine -, à une forme de sitcom surannée que l'évolution " plateformesque/streamer-esque " de la télévision était censé enterrer pour de bon, du pur comfort show facile mais enchanteur qui ne prétend jamais à être plus, et qui ne force jamais sa magie.
Le tout cloué aux basques d'une Kate Hudson/Isla Gordon plus pétillante que jamais, en ancienne fêtarde/mannequin Playboy devenue propriétaire - par intérim et sans expérience - d'une équipe de NBA, l'obligeant à jongler entre sa vie professionnelle, sa vie de femme, de mère et de sœur au sein d'une famille où elle a toujours été écrasée par ses frangins machistes.

Copyright Katrina Marcinowski/Netflix
De retour pour une seconde saison, la question était de savoir si elle allait gardé son solide mood de comédie sportive feel good et rythmée qui use des tropes familiers avec style et une énergie débordante, sans se perdre dans un océan de glucose à t'en dégoûter le plus passionné des confiseurs.
Bonne nouvelle, le show ne met pas longtemps pour dégainer sa réponse tant elle surfe sur le même groove tout en jouant la carte du bigger and better, en affinant la dynamique chaotique entre ses personnages (qui prennent un peu de galons, notamment les attachants Dyson/Uche Agada et Ali/Brenda Song, qui ont de jolis arcs personnels, surtout la seconde et son désir légitime de reconnaissance qui pourrait lui faire quitter LA pour de bon...) mais également en gonflant mignon ses enjeux autour d'une Isla qui affirme son leadership malgré les embûches.
Rien ne lui est épargné cette saison (la grève des danseuses face à leur manque de considération - qui devient virale sur TikTok -, galères financières, l'arrivée d'un nouveau coach, les tensions dans les vestiaires, la blessure de son MVP en finale, sa relation avec Lev qui tourne définitivement au vinaigre,...), mais rien n'est pire pour elle que de se confronter frontalement à un Cam sur le retour, revenu plus tôt que prévu de sa cure de désintoxication (mais avec les mêmes soucis de sobriété) et bien décidé à - discrètement mais diaboliquement - reprendre sa place comme à tronquer son envie de tour rafler avec les LA Waves...

Copyright Katrina Marcinowski/Netflix
Plus addictive que jamais tant elle aligne les nouvelles figures (Ray Romano, parfait en coach un brin largué et mélancolique), les dialogues percutants et les rebondissements à un rythme soutenu sans saper son parquet, tout en distillant les graines d'une potentielle troisième saison de folie (Cam à la tête d'une seconde franchise à Los Angeles, LA Industry, avec Jay comme coach...), La Meneuse est l'exemple même du comfort show qui sait habilement dribbler avec ses qualités (le parfait cocktail entre le drama sportif et la comédie familialo-romantico-satirique) tout en enrichissant juste ce qu'il faut son jeu, pour rendre sa saison si ce n'est imprévisible, au minimum incroyablement ludique à suivre.
Une denrée rare au coeur du catalogue Netflix...
Jonathan Chevrier








