[CRITIQUE] : Michael
Réalisateur : Antoine Fuqua
Avec : Jaafar Jackson, Colman Domingo, Nia Long, Miles Teller,...
Distributeur : Universal Pictures International France
Budget : -
Genre : Biopic, Drame, Musical.
Nationalité : Américain.
Durée : 2h08min
Synopsis :
Michael dresse le portrait cinématographique de la vie de l'un des artistes les plus influents de notre époque.
Le film raconte l'histoire de Michael Jackson au-delà de la musique, depuis la découverte d'un talent hors du commun en tant que leader des Jackson Five, jusqu'à l'artiste visionnaire dont l'ambition créative a alimenté une quête incessante pour devenir le plus grand artiste au monde.
Mettant en lumière sa vie hors scène et ses performances les plus emblématiques de ses débuts en solo, le film offre au public une place au premier rang pour découvrir Michael Jackson comme jamais auparavant. C'est ici que son histoire commence.
Avec : Jaafar Jackson, Colman Domingo, Nia Long, Miles Teller,...
Distributeur : Universal Pictures International France
Budget : -
Genre : Biopic, Drame, Musical.
Nationalité : Américain.
Durée : 2h08min
Synopsis :
Michael dresse le portrait cinématographique de la vie de l'un des artistes les plus influents de notre époque.
Le film raconte l'histoire de Michael Jackson au-delà de la musique, depuis la découverte d'un talent hors du commun en tant que leader des Jackson Five, jusqu'à l'artiste visionnaire dont l'ambition créative a alimenté une quête incessante pour devenir le plus grand artiste au monde.
Mettant en lumière sa vie hors scène et ses performances les plus emblématiques de ses débuts en solo, le film offre au public une place au premier rang pour découvrir Michael Jackson comme jamais auparavant. C'est ici que son histoire commence.
Cela fait quelques années maintenant que le genre du biopic musical n’est pas en grande forme artistique (a-t-il été en forme à moment ?). Entre des résumés de fiche Wikipédia et les films servant juste à faire une compilation de musique, il y a peu de vraies propositions intéressantes. Pourtant, le public continue de se ruer en salle pour voir ces films tous les ans. Cette fois-ci, c’est au tour d’un des artistes les plus influents et importants de l’époque contemporaine (si ce n’est le plus important), Michael Jackson. Derrière la caméra, Antoine Fuqua. Principalement connu pour des films d’action (Equalizer, Les Sept Mercenaires de 2016, La Chute de la Maison-Blanche). Devant la caméra pour interpréter le roi de la pop, Jaafar Jackson, le neveu de Michael. Rien qu’avec ces deux annonces, le projet ne sent pas très bon. Un réalisateur de film d’action dirige le neveu de la star dont on fait le biopic. Mais le plus terrifiant vient lorsque l’on apprend qui produit. Graham King, celui responsable de la catastrophe Bohemian Rhapsody. Et pour enfoncer le clou, c’est John Ottman qui sera chargé du montage (oui, c’est celui qui était monteur pour Bohemian Rhapsody).
Et comme le laisse présager tous ces signes, Michael est un échec sur tous les points (peut-être même pire que le biopic de Queen). Toutes les pires craintes se réalisent. Le film démarre durant la tendre enfance de Michael Jackson où l’on voit les Jackson Five répétant leurs chansons sous le regard autoritaire de leur père, Joseph Jackson (interprété par un Colman Domingo qui est le seul acteur à vraiment s’en sortir). Et durant cette première partie, on comprend tout de suite les intentions derrière cette production. On assiste à une succession de reproductions de concert entrecoupées de scènes de vie à la gloire de Michael Jackson.
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| Copyright Lionsgate / Universal Pictures International France |
En moins d’une quarantaine de minutes, le long-métrage présente plusieurs concerts et utilise à de multiples occasions l’une des seules idées de montage du film ; le montage alterné, presque clippesque, de la vie des personnages sur fond de musique. Un processus qui est certes peu inspiré, mais pas forcément dérangeant en soi. Le problème est sa récurrence, apparaissant à de trop nombreuses reprises, et ne fait finalement qu'office de cache-misère pour étendre la durée du film.
À cela s'ajoutent les scènes de concert qui s'enchaînent, qui sont de simples reproductions des concerts de l’artiste. Mais des “remakes” mal fait, long, et n’apportant strictement rien que ce soit visuellement ou narrativement. D’autant plus qu’ils illustrent encore plus les problèmes en matière de montage. Ils sont l’occasion d’utiliser la deuxième idée artistique de John Ottman; faire des coupes en rythme avec la musique. Une mauvaise idée très basique, et malgré tout mal exécutée, car il n’arrive même pas à suivre les musiques.
Comme les séquences de concert et de “clip” ne sont pas bien passionnantes, reste plus qu’à se rabattre sur les instants de vie de Michael. Malheureusement, même là le film n’a pas grand-chose à offrir. Seuls deux aspects sont vraiment abordés : les relations très compliquées que l’artiste a eues avec son père, et à quel point Michael Jackson était aimé pour son génie.
Le film illustre à plusieurs reprises les abus subis par le chanteur de la part de son père, la façon dont il a exercé son emprise sur lui et ses frères, que ce soit du point de vue professionnelle mais aussi personnel. C’est une part importante du film qui est aussi majeure dans la vie du chanteur, mais qui n’a rien de particulièrement original dans son traitement. Une éducation qui a causé l’apparition de son syndrome de Peter Pan et l’incapacité de Michael à grandir et construire des relations sociales avec des personnes extérieures à sa famille. La question de ce syndrome n’est cependant jamais abordée frontalement, et les allusions à Peter Pan et Neverland sont assez déconcertantes étant donné que le long-métrage n’aborde jamais les accusations d’agressions sexuelles sur mineurs (sujet qui ne sera d’ailleurs jamais abordé puisque le film se termine juste après son dernier concert avec les Jackson Five en 1984).
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| Copyright Lionsgate / Universal Pictures International France |
Ne reste qu’une succession de scènes à la gloire du chanteur, le présentant comme un génie de la musique à la destinée limite christique. On ne verra cependant que très peu le personnage composé ou travailler sur sa musique. Et les implications d’autres artistiques comme Quincy Jones ne seront jamais évoqués.
Michael souffre des mêmes problèmes que beaucoup de biopics musicaux. Impersonnel, inintéressant et vide, le film n’a pour seul but que de louer l’immensité d’un personnage en effaçant toutes ses parts d’ombre ou sa complexité. Finalement, il ne reste qu’une compilation de musiques et des mauvaises reproductions de concert. Autant lancer une playlist ou revoir des images d’archive, cela aura le même effet.
Livio Lonardi



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