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[CRITIQUE] : didy


Réalisateur : Gaël Kamilindi et François-Xavier Destors
Avec : -
Distributeur : Sudu Connexion
Budget : -
Genre : Documentaire.
Nationalité : Suisse, Rwandais.
Durée : 1h24min

Synopsis :
Gaël avait cinq ans lorsque sa mère, Didy, est morte. Les souvenirs d’elle se sont depuis perdus dans la fureur des guerres civiles, du génocide et du sida qui ont ravagé le Burundi puis le Rwanda et ont précipité son exil vers la Suisse.  30 ans plus tard, il se risque à rouvrir les pages de son histoire familiale en partant à la rencontre de celles et ceux qui ont connu sa mère. À travers sa mémoire, c’est le portrait de toute une génération de femmes rwandaises qui se dévoile, renouant le dialogue avec ceux qui portent leurs histoires.





Que reste-t-il, une fois que la vie d'adulte a douloureusement fait son office, du souvenir d'un parent décédé beaucoup trop tôt ?
C'est le questionnement profondément tragique qui sert de corps - et de coeur - au vulnérable et résolument non conventionnel documentaire didy de Gaël Kamilindi et François-Xavier Destors, vissé sur la recherche frénétique du premier pour revigorer les souvenirs d'une mère qui a disparu alors qu'il n'avait que cinq ans, une quête marqué par la violence et la fureur des guerres civiles, du génocide et du sida qui ont ravagé le Burundi puis le Rwanda et ont précipité son exil vers la Suisse.

Trois décennies plus tard, et frappé par le poids d'une perte qui ne l'a jamais quitté (une rupture physique, émotionnelle et psychologique profondément universelle : quel enfant ne verrait pas sa vie bouleversé par la mort de sa maman ?), il se décide à ouvrir les pages fragiles de son histoire familiale pour mieux partir à la rencontre de celles qui ont connu sa mère et y ont été liés de différentes (et uniques) manières, et la faire revivre dans sa mémoire comme dans celles des autres.

D'une quête intime authentique et thérapeutique façon exhumation tranquille d'une existence qui s'est clôt trop tôt, dont les témoignages croquent un portrait délicat et aimant (ils lui redonnent vie, de manière fragmentée certes, mais surtout incroyablement poétique), didy (tout simplement, le prénom de la mère de Gaël Kamilindi) prend amoureusement les contours autant d'une célébration de la résilience comme du courage silencieux des femmes rwandaises, que d'une exploration des ravages du déracinement et de l'exil, provoqué par le chaos absurde de la guerre et de la folie des hommes qui détruisent tout sur leur passage.

Embaumé dans un maelstrom d'émotions palpables (renforcées par une musique délicate qui ne vient jamais les écraser), didy se fait un documentaire poignant et immersif, un merveilleux travail de mémoire qui pousse, naturellement et d'une manière incroyablement apaisé, à l'introspection son auditoire, tout en faisant de la notion de souvenir autant un acte d'amour indéfectible, que celui d'une résistance essentielle face à un temps qui efface tout (preuve que seul l'amour peut lui résister).
La (très) belle découverte du moment.


Jonathan Chevrier