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[FUCKING SERIES] : Stranger Things: Chroniques de 1985 : Nostalgie (Ele)vaine


(Critique - avec spoilers - de la mini-série)


C'était la question à dix balles, moins cher encore que le menu dédié chez Burger King (qui n'était pas fifou, petite disgression critique culinaire si tu le veux bien) : est-ce que la série animée Stranger Things : Chroniques de 85 - où Tales From '85, si tu y tiens -, premier spin-off officiel d'un show loin d'être mort de sa plus belle mort il y a à peine quatre mois (et avec Flying " What If... " Bark à l'animation), allait-elle justifier avec pertinence son existence malgré un point de départ gentiment puant (feindre de vouloir proposer un nouveau mystère intriguant à Hawkins entre deux saisons - chronologiquement entre la seconde et la troisième -, avec les personnages principaux et quasiment dix ans après, en sachant pertinemment que cette extension dérivée n'aura jamais le moindre impact sur une intrigue mère déjà close) où, au contraire, allait-elle démontrer très (trop ?) vite qu'elle a tout d'une extension opportuniste et creuse de la version originale, capitalisant sur une nostalgie aux cendres encore fumante sans le moindre remords ?

Copyright Netflix

Spoiler alert qui n'en est pas réellement un : la réponse est, sans surprise, dans la seconde moitié de la question, tentative générique de recréer une magie enterrée depuis longtemps à travers un concept des plus putassiers (revenir en arrière pour une série qui, justement, s'était totalement bâtie sur la nostalgie de son auditoire), d'autant plus plombée par une gourmandise presque criminelle à vouloir auto-saborder la moindre de ses idées intéressantes (introduire, notamment, un nouveau personnage - Nikki - pour en faire un simple membre interchangeable de la bande, là où visser le show sur son seul point de vue aurait totalement redistribuer les cartes), en se complaisant par paresse dans une formule au succès éprouvé (le seul " réel " changement, est une présence plus limitée d'Eleven qui, justement, peine à trouver sa place dans l'équipe... pourquoi pas) et aux enjeux dramatiques affreusement creux (parce qu'il ne peut strictement rien arriver à ses personnages), non en prenant le risque de voguer vers des histoires interconnectées, offrant potentiellement un angle nouveau et rafraîchissant à une Hawkins définitivement moins sombre qu'elle ne le laissait présager.

Copyright Netflix

Dans la veine du spin-off simpliste et enfantin à Jurassic World, Camp Cretaceous, frappé par le sceau maladroit d'une animation en mi-figue, mi-raisin (des élans SF aux palettes de couleurs vivantes et stylisées s'opposent à une représentation figée, voire étrange, de personnages familiers que l'on peine parfois à reconnaître), Tales From '85 aurait pu, peut-être, fonctionner comme une sympathique série dérivée si elle était sortie au milieu de la diffusion du show d'origine (comme une sorte de web-série, ce qui était commun dans les années 2010).
Dans l'état, elle n'est qu'une extension poussive (dix épisodes pour une intrigue rachitique qui en méritait moitié moins) et inutile n'ayant pour but que de capitaliser sur un cadavre appelé à être usé jusqu'à la moelle pendant encore un bon moment.

Vivement une saison deux donc (pas du tout)...


Jonathan Chevrier