[CRITIQUE] : Apex
Réalisateur : Baltasar Kormákur
Avec : Charlize Theron, Taron Egerton, Eric Bana,...
Distributeur : Netflix France
Budget : -
Genre : Action, Thriller.
Nationalité : Américain, Britannique, Islandais.
Durée : 1h35min
Synopsis :
Alors qu'elle teste ses limites en solo dans la nature sauvage australienne, une femme en deuil se retrouve prise au piège d'un jeu tordu avec un tueur qui a fait d'elle sa proie.
Difficile de ne pas considérer l'islandais Baltasar Kormákur, à l'instar du tout aussi compétent Jaume Collet-Serra (pas exempt de quelques panouilles certes, mais également de chouettes petits bouts de cinéma) comme l'un des plus honnêtes et sympathiques faiseurs de séries B de ses quinze dernières années au sein de la jungle Hollywoodienne où il a su se taillera une petite place, comme au cœur d'un cinéma européen qu'il n'a jamais totalement quitté; un bonhomme au talent certain qui, quand bien même il ne compte pas forcément de grand film dans sa filmographie, aligne les péloches jouissives et qualitatives à la pelle.
Un cinéaste éclectique voire même un brin insaisissable (c'est le printemps, les beaux jours sont là, soyons généreux et enchaînons les superlatifs), capable de chapeauter du buddy movie à l'ancienne (2 Guns) comme du survival en terre - ou en mer - hostile (Beast, À la dérive), du drame historique (Everest) comme du polar noir dans la foideur scandinave (Jar City), voire même le terrain sinueux de la romance façon célébration sensiblement picturale du sentiment amoureux (Touch - Nos étreintes passées); le tout avec le même sens de l'efficacité - un ami de la famille quoi, ou pas loin.
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| Copyright Netflix |
C'est sur un terrain résolument balisé qu'on le retrouve cette fois avec Apex, qui promettait d'incarner un petit bout de divertissement évitant consciencieusement toute notion de logique, pour mieux embrasser tout l'aspect captivant de son intrigue prétexte : la survie, primaire et délicate, d'une Charlize Theron endeuillée et traquée par un Taron Egerton plus cintré et pervers que jamais, dans un Outback australien où Greg McLean nous avait pourtant appris à ne pas y traîner seul.
Car oui, si la nature reste le plus grand des chasseurs, c'est bien l'homme le plus grand ennemi de l'homme, car l'homme est un loup pour l'homme... et la femme.
Alors évidemment, tout est aussi fin que du papier toilette Lotus et la prévisibilité de l'issue se lit avec une bonne marge d'avance (d'autant que l'écriture peine mignon au démarrage, feintant de donner du corps et une contextualisation émotionnelle à un récit qui aurait mérité plus d'épure et de viscéralité) mais le plaisir du film réside ailleurs, que ce soit dans la mise en scène immersive du réalisateur islandais, qui perçoit son effort comme une série bien huilée de plans tendus au plus près d'une figure acculée et en terres hostiles, expurgé de tout montage maladroit de l'action so Hollywoodien (plans de coupe, dissimulations criardes,...) pour privilégier un montage fluide qui rend l'action sadiquement prenante.
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Une grammaire cinématographique pas forcément originale (le Baltasar est en charentaises, et il le sait totalement) mais d'une efficacité redoutable, qui vient rattraper les errances d'une narration faiblarde et de quelques CGI parfois (souvent) douteux, pour mieux faire d'Apex un survival à l'ancienne, dépouillé et campé avec conviction (Theron est badass à souhait, Egerton cabotine joyeusement dans un rôle à contre-emploi qui lui va comme un gant), un jeu du chat et la souris gentiment haletant pas moins inoubliable que la majorité du contenu d'un catalogue Netflix prompt à enchaîner les vrai/faux bis friqués faciles, mais qui sait faire son office un soir de galère.



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