[FUCKING SERIES] : Acharnés saison 2 : La (sage) Guerre des Rose
(Critique - avec spoilers - de la saison 2)
Alternant constamment entre la comédie, le drame et le thriller avec une maîtrise rare, véritable cocktail intense de cynisme et d'indignation vertueuse où deux êtres foncièrement bons mais laissant méchamment s'exprimer leur côté obscur (formidable tandem Ali Wong/Steven Yeun), se transforment lentement mais sûrement comme deux miroirs de nous-mêmes; Acharnés, sorte de variation/relecture mixte et étirée du Dérapages incontrôlés de Roger Michell avec une pointe de mood vachard à la Alex de la Iglesias (qui ne laissait pas pour autant ses émotions sur le bas côté), incarnait un (très) audacieux moment de télévision sauvage et imprévisible tant tout y est possible - surtout le pire.
Où comment la vie pouvait, littéralement, changer sur un simple coup de klaxon...
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Typiquement le genre de petit miracle qui ne se reproduit pas forcément sur un claquement de doigt, même avec toutes les (bonnes) étoiles alignées et une douzaine de trèfles à quatre feuilles dans sa besace, force est d'admettre tout de même que l'on restait curieux à l'idée de voir ce que pourrait donner une seconde salve d'épisodes du show chapeauté par Lee Sung Jin, même avec une firme au Toudoum prompt à sacrifier tous ses chouettes concepts sous l'autel de la franchisation/déclinaison à outrance.
Un " pourquoi pas " renforcé autant par sa transformation en une simili-saga anthologique aux histoires dissemblables (sans certitude qu'une troisième saison débarque, certes), que par la distribution aux petits oignons convoquée pour l'occasion : Oscar Isaac, Carey Mulligan, Charles Melton et Cailee Spaeny.
Après vision en revanche, la limonade se fait définitivement moins digeste qu'espéré, le showrunner sud-coréen n'ayant pas fondamentalement perdu son mojo en cours de route sous le poids des Emmys glanés (quoique), mais il manque d'une réelle profondeur psychologique dans ce qui peut se voir comme une version sage et émotionnellement fragile de La Guerre des Roses sauce The White Lotus, où le bonhomme confronte une idylle naissante à un mariage ayant consommé son naufrage (une de leurs violentes disputes sert d'élément déclencheur à l'intrigue centrale), dans un cycle de conflits redondants sous fond de lutte des classes au coeur d'un country club huppé et bourré à la gueule de figures savoureusement antipathiques (dont les sous-intrigues comme les personnages, se montrent plus captivants que le quatuor vedette, même si très/trop nombreuses pour leur bien), que la narration nouent entre elles d'une manière beaucoup trop superficielle pour pleinement captiver.
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Et c'est là tout le drame de cette seconde cuvée, un sentiment prégnant de superficialité qui, quand bien même il ne nuit pas réellement à la dynamique plutôt divertissante et rythmée de ces huit nouveaux épisodes, fait que l'écriture ne vient jamais s'élever au niveau d'une première saison bien plus féroce et profonde dans l'exploration de thématiques pourtant familières, mais surtout bien plus fine dans le développement de ses personnages (loin d'être tous logés à la même enseigne, quand bien même l'investissement de sa distribution est totale et sans réserve).
Après tout, ce ne serait pas la première fois que Netflix casserait elle-même ses propres jouets, pas vrai ?
Jonathan Chevrier



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