[PAS DE BUG EN L'AN 2000!] : #5. Nid de Guêpes
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" " Quoi ? Encore une nouvelle section sur votre site ? " Bah oui, on aime parler cinema et surtout compartimenter nos billets. Tu crois qu'on devrait consulter ?
Arf, pas besoin de te demander cher lecteur, toutes les voix dans nos têtes disent que tout va bien...
Enfin... bref, dans cette section tu l'auras compris, on va faire comme pour les sections 80s et 90s, mais avec les années 2000 et une production qui risque de titiller la nostalgie des millenials... où pas.
Bref, lâches ta PSP, armes-toi de ton Mp3 (on avait pas tous des Ipod, redescends) et embrasses toute cette douce vague de mélancolie qui s'apprête à foncer sur ta poire !
#5. Nid de Guêpes de Florent-Emilio Siri (2002)
Si son nom ne dit, sans doute, pas grand chose aux spectateurs/cinéphiles les plus jeunes, en revanche pour ceux nés au coeur des années 80 comme 90, il y a un réel pincement qui se crée à l'annonce de la disparition de la comédienne Nadia Farès, visage récurrent d'une production hexagonale qu'elle a modestement marqué de sa présence à la fois séduisante et charismatique (même après une pause d'une petite quinzaine d'années, pour se consacrer à sa famille mais aussi de nombreux soucis de santé connus à posteriori), notamment du côté d'un cinéma d'action regardé un peu trop de haut - peut-être plus encore que la comédie populaire.
Si l'on pense, instinctivement, au brillant (oui) Les Rivières Pourpres de Mathieu Kassovitz où elle brigue le lead féminin (et, spoilers, le rôle du vilain majeur), difficile de ne pas souligner sa performance toute aussi crédible et solide dans le mésestimé actionner Nid de Guêpes d'un Florent-Emilio Siri clippeur talentueux qui n'avait pas encore offert à Bruce Willis l'un de ses actionners les plus mémorables (le chouette et encore plus Carpentierien Otage), un petit bout de bis fauché mais méchamment ambitieux et référencé au cinéma ricain (comme, au fond, toute la filmo du cinéaste), bien plus dense que la majorité des péloches énervées hexagonales qui lui ont succédé, usant parfaitement de la fragilité plus où moins affirmé de son scénario ramassé, pour offrir un divertissement musclé et maitrisé qui a le bon ton de jouer la carte d'une action pure, lisible et impactante aux shots d'adrénalines féroces et percutants.
Prenant intelligemment son temps pour imbriquer toutes les pièces de son puzzle (qui peut se voir, évidemment, comme un hommage évident mais surtout sincère, au monument Assaut de John Carpenter - jusque dans ses élans hallucinatoires, à la lisière du fantastique -, qui lui-même était une révérence assumée à Hawks, Ford et Romero), Siri déploie une atmosphère bouillante pour ce qui incarne la nuit du 14 juillet la plus crépusculaire jamais gravée sur une bobine (dans la banlieue de Strasbourg, une bande de petits braqueurs/bras cassés tentent un casse au mauvais endroit, au mauvais moment : un entrepôt de matériaux numériques qui va servir de champ de bataille sauvage entre une troupe de forces d'élites européennes escortant un chef de la mafia albanaise, et la dite armée sans pitié du mafieux), un survival à la brutalité dévorante dans son association des contraires (une union improbable et proprement antinomique, entre une jeunesse des banlieues et une élite étatique/policière, archétype westernien en diable) qui ne cherche jamais à offrir le moindre réconfort dans son absurdité macabre (les disparitions de figures empathiques sont légion, notamment une petite bande de jeunes voyous engoncés dans une réalité sans espoir, même avant un casse qui ne pouvait que mal tourné, réponse karmique à une vie qui ne leur a rien offert), tout en visant continuellement l'épure (narratives surtout, avec des dialogues allant strictement à l'essentiel et des personnages croqués juste ce qu'il faut, avec des figures féminines placées à armes égales face aux hommes).
Prenant et tendu comme la ficelle d'un string (il distille une tension sourde et constante, sans le moindre effet putassier), à la violence aussi intense et réaliste que frontale, Nid de Guêpes, pas chiche en performances mi-cabotineuses, mi-enthousiastes (Farès en impose mignon, tout comme Pascal Greggory, là où Samir Nacery se montre plus sobre qu'à l'accoutumée en leader sacrifié dès le début des hostilités), avait injustement manqué son rendez-vous avec le public à sa sortie (rattrapé, en partie, lors de son exploitation physique), est un petit miracle qui tient toujours aussi bien la route même avec deux décennies au compteur.
Sa (re)découverte est essentiel et, désormais, emprunt d'une mélancolie douce-amère qu'on ne lui aurait pas soupçonné avoir...










