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[CRITIQUE] : Nous l’orchestre

Réalisateur : Philippe Béziat
Avec : Klaus Mäkelä.
Distributeur : Pyramide Distribution
Budget : -
Genre : Documentaire.
Nationalité : Français.
Durée : 1h30min

Synopsis :
Comment jouer ensemble sans se sentir disparaître dans la masse ? Comment cohabiter si longtemps sans que le groupe explose ? Quel rôle joue vraiment le chef d’orchestre ? Pour la première fois, caméras et micros se faufilent parmi les 120 musiciens de l’Orchestre de Paris, à la Philharmonie, sous la baguette de leur jeune chef prodige, Klaus Mäkelä. Un film immersif au cœur de la musique en train de se faire ; au plus près de l’expérience des musiciens, de leurs émotions, de la beauté.




Ce qu'il y a de beau avec une salle obscure, c'est qu'elle n'est pas fondamentalement obligée d'enfiévrer son auditoire uniquement par la force du septième art, tant elle peut être le réceptacle de représentations sportives ou même scéniques, permettant ainsi à un large spectre de spectateurs de vivre de manière tout aussi immersive des expériences qu'ils ne peuvent pas forcément vivre - pour diverses raisons - dans un stade, une salle de concert ou même un opéra.
Un lieu de partage et de tous les possibles, au-delà des limites même de l'expression cinématographique.

C'est dans cet optique de partage et de mélange des arts - et de leur célébration à la fois subtile et électrisante - que le cinéma de Philippe Béziat s'est bâti et révèle, encore aujourd'hui, toute sa splendeur, lui qu'on avait laissé peu de temps après les multiples confinements dûs au Covid-19, avec le magnifique Indes Galantes, qui dévoilait aussi bien les coulisses que la vérité des planches du formidable spectacle éponyme mis en scène par Clément Cogitore.

Copyright Pyramide Distribution

Une relecture de l'oeuvre de Jean-Philippe Rameau ou il laissait la musique baroque épouser la ferveur du hip-hop, les chanteurs lyriques classiques se mêler aux street dancers dans une fusion artistique et humaine profondément grisante.
De fusion comme de coulisses, il en est a nouveau question avec son nouvel effort, Nous l’orchestre, mise en abyme enthousiaste au coeur de la vie et des arcanes de l’Orchestre de Paris et de ses 120 musiciens, oeuvrant sous la baguette de leur jeune chef prodige, Klaus Mäkelä; une expérience joliment sensorielle et immersive (voire un brin contemplative, mais dans le bon sens du terme) qui décortique les rouages d'une institution (la Philharmonie de Paris, qui a ici allouée des moyens exceptionnels au cinéaste) sans le moindre didactisme putassier, une ode sensible à l'effervescence et à la créativité musicale comme à l'importance du collectif au sein d'un orchestre ou chaque voix/son compte.

90 minutes d'un voyage vibrant en symphonie inconnue qui passe (presque) en un éclair, qui flatte la rétine et les écoutilles autant qu'elles valent chèrement leur pesant de pop-corn.
Clairement l'un des documentaires immanquables d'une année ciné 2026 qui commence à méchamment les enchaîner à la pelle...


Jonathan Chevrier