[FESTIVAL] : RécapitulaBIFFF 2026
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| © Ana MIRALLÈS / BIFFF |
Petit retour sur le BIFFF cuvée 2026, qui s'est déroulé du 03 au 18 avril dernier.
Le Brussels International Fantastic Film Festival s’est clôturé il y a quelques jours, l’occasion de revenir rapidement sur certains des titres de la sélection d’un des événements réguliers du cinéma de genre. En effet, cette 44ème édition s’est révélée aussi festive et animée que les années précédentes, trouvant notamment dans sa concentration de films dans une seule salle de projection une meilleure gestion du public (ainsi que le soulagement de ne plus avoir à hésiter entre deux titres se jouant en même temps). En ce sens, le choix de Wedding Nightmare : Deuxième partie comme film d’ouverture coulait de source, amenant un certain rythme ainsi qu’une générosité de massacre qui ne pouvait que convenir à l’audience animée du festival, bien que l’on aurait souhaité plus de folie de la part de Matt Bettinelli-Olpin et Tyler Gillett.
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| Wedding Nightmare : Deuxième Partie - Copyright 2026 Searchlight Pictures. All Rights Reserved. |
Le contrecoup avec une séance plus atmosphérique comme 100 nights of Hero se révèle alors assez fort, bien que l’on soit sorti évidemment conquis du film de Julia Jackman. Celle-ci parvient à jouer des attentes narratives du conte pour mieux raconter l’importance des récits et de leur transmission, d’autant plus dans des univers d’hommes violents où les femmes cherchent à survivre au mieux. Le casting de qualité (le trio principal Maika Monroe, Emma Corrin et Nicholas Galitzine) et l’approche visuelle sensoriellement soutenue nous ont définitivement convaincu, ce qui nous aura même mené à un entretien avec sa réalisatrice (à retrouver dans les semaines à venir). La place de l’art narratif irrigue également le basque Gaua, jouant de sa nuit atmosphérique pour raconter un pan d’histoire en assumant totalement ses contours fantastiques jusque dans une conclusion renvoyant au sens original du mot climax.
Nous avons par contre été moins pris par Appofeniacs malgré son récit qui se délie dans des contours surprenants au fur et à mesure que l’intrigue avance. Pour un titre dans le même genre, nous avons plus apprécié Oddities, dont nous avons interviewé l’équipe et qui gère mieux, à notre sens, ses ruptures de tonalité. Ainsi, la relation du duo principal renvoyant à un besoin d’appartenance apporte un peu de cachet à ce qui démarre comme un thriller pour se reconstruire dans un autre genre. On y retrouve d’ailleurs Adrienne Barbeau, récompensée cette année en tant que Chevalière de l’ordre du corbeau, le prix d’honneur remis par le festival. Cela nous a permis de mieux nous remettre de la noirceur d’un Sicko dont les contours ironiques muent vers quelque chose de très glaçant et dont la violence a surpris plus d’une personne dans la salle, à juste titre. Les retours post séances étaient très divisés et nous nous rangerons du côté plus négatif malgré des intentions compréhensibles dans la critique médiatique.
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| 100 Night of Hero - Copyright WME / IFC Films |
Clôturons ce tour de ronde avec trois coups de cœur qui ne pouvaient que fonctionner au festival, en démarrant par Pinocchio Unstrung, marquant le nouvel opus du Twisted Childhood Cinematic Universe avec la même équipe que les Winnie The Pooh : Blood and Honey. On sent l’évolution de la mise en scène de Rhys-Frake Waterfield, s’amusant des contours gothiques du récit pour faire un film méchant et drôle, un plaisir pour les amateurs de gore bien aidé par des effets réussis (le pantin est réellement bien fait) et une générosité sans pareille. Arrivant auréolé de retours élogieux, Nirvanna : the band the show the movie s’est révélé à la hauteur de nos attentes par son humour indéniable et sa façon de détricoter des personnages perdus dans leurs espérances avec des fils temporels totalement bien gérés et même sacrément émouvants. La séance fut chaleureuse à souhait, à l’image de ce titre qui mériterait une large distribution ! Enfin, clôturons avec le français Kyma, l’onde mystérieuse, parvenant à trouver une vibe Amblin sans jamais dénaturer son inscription nationale et ayant le potentiel pour convaincre une jeune audience. Nous reviendrons plus en longueur sur ce dernier lors de sa sortie en août (d’autant plus que son réalisateur et coscénariste Romain Daudet-Jahan a eu la sympathie d’échanger avec nous dans un entretien à venir), mais l’auteur de ces lignes se range largement du côté des avis très positifs !
Voilà donc comment ce petit parcours d’une partie de la sélection du BIFFF se termine, l’occasion de souligner le travail toujours appuyé de la programmation pour mettre en avant diverses propositions de genre avec cette envie de rassemblement du public qui caractérise le festival. Que serait en effet cet événement sans son audience de folie et sa possibilité de découvrir tant d’œuvres tonalement opposées mais cherchant à s’approprier des courants pas nécessairement mis en avant par la distribution habituelle au cinéma ? Dans une période où l’on diminue constamment l’importance du secteur culturel et où l’on oublie la force collective de découvrir un film dans une même salle, le BIFFF reste toujours aussi indispensable, généreux et surtout riche à souhait qualitativement. On a déjà hâte d’y être l’année prochaine !
Liam Debruel









