Breaking News

[PAS DE BUG EN L'AN 2000!] : #6. Gone in 60 seconds

© 2000 - Touchstone Pictures

" " Quoi ? Encore une nouvelle section sur votre site ? " Bah oui, on aime parler cinema et surtout compartimenter nos billets. Tu crois qu'on devrait consulter ?
Arf, pas besoin de te demander cher lecteur, toutes les voix dans nos têtes disent que tout va bien...
Enfin... bref, dans cette section tu l'auras compris, on va faire comme pour les sections 80s et 90s, mais avec les années 2000 et une production qui risque de titiller la nostalgie des millenials... où pas.
Bref, lâches ta PSP, armes-toi de ton Mp3 (on avait pas tous des Ipod, redescends) et embrasses toute cette douce vague de mélancolie qui s'apprête à foncer sur ta poire !



#6. 60 Secondes chrono de Dominic Sena (2000)


Contrairement à bon nombre d'anciens A-listers d'Hollywood, désormais condamnés à faire de la figuration plus ou moins importantes dans des DTV ou des direct-to-VOD, en ruminant ce que pouvait être leur lustre d'antan (voir John Cusack, Forest Whitaker ou encore il n'y a pas si longtemps, feu Ray Liotta et Bruce Willis, se perdre dans ses productions, fait un put*** de pincement au coeur), ce bon vieux Nicolas Cage lui, aborde ce pan du marché cinématographique avec une énergie et une détermination funky qui force presque l'admiration, sublimant ce que l'on pourrait prendre comme des rôles routiniers, en cabotinant joyeusement comme un sagouin.

Gageons même que sans lui, la majorité des petits plaisirs coupables qui inondent nos plateformes SVOD (disons plutôt leurs recoins sombres) auraient décemment moins de saveur, puisqu'il se fait une mission presque homérique à traîner sa caboche et sa chevelure de plus en plus dégarnie, dans un maximum d'entre-eux.

© 2000 - Touchstone Pictures

Mais rien n'est plus enthousiasmant pourtant que de mirer ses glorieuses heures sous l'égide des plus grands cinéastes de ces quarante dernières années (tonton Coppola, De Palma, Scorsese, Lynch, Scott,...), époque bénie où, oscar aidant, il pouvait laisser briller son talent dans les meilleures dispositions possibles.
Sorti quelques mois trop tard pour être considérer comme un millésime des 90s qu'il est pourtant jusqu'au bout de la pellicule, Gone in 60 seconds aka 60 secondes chrono d'un Dominic Sena à la carrière fuyante (que Cage retrouvera une dizaine d'années plus tard, pour le définitivement moins défendable Le Dernier des Templiers), est clairement de ses séances inexplicablement oubliables parce qu'elles assument totalement leur absurdité comme leurs facilités, pour aller (presque) strictement à l'essentiel : chercher à divertir coûte que coûte un auditoire pourtant totalement acquis à sa cause dès la première bobine.

Remake friqué du chouette La Grande Casse de Henry Blight Halicki produit par un Jerry Bruckheimer alors au sommet de son art - et de son chéquier -, l'histoire s'articule autour des aptitudes exceptionnelles de Randall " Memphis " Raines, doué pour la mécanique mais encore plus dans le vol de voiture, un voyou repenti devant reprendre du service pour sauver les miches de son jeune frangin, Kip, qu'il avait laissé seul avec sa mère à Long Beach pour ne pas qu'il suive ses traces - monumentale erreur.
Parce que le gamin s'est lancé dans l'idée folle de dérober 50 véhicules pour le compte de Raymond Calitri, un gangster britannique (un pej trop) fan de mobilier, entreprise quasiment vouée à l'échec après le vol manqué d'une Porsche 996 qui mène les flics sur sa trace, notamment un vieux briscard, Castlebeck, qui avait essayé de coincer Memphis - en vain - quelques années auparavant.

Mais comme ches les Toretto, chez les Raines, on ne laisse pas la famille dans la galère, et Memphis reprend la mission de son frère, voler 50 bagnoles en soixante-douze heures sous peine d'être zigouiller, l'occasion de réformer son ancienne équipe et de se réserver pour l'ultime vol, la voiture de ses rêves : la Ford Mustang Shelby GT 500 de 1967 alias « Eleanor »...

© 2000 - Touchstone Pictures

Peinant un poil au démarrage pour installer dynamiquement toutes les pièces de son apologie pachydermique du kaboom (sans pour autant se délester de quelques sous-intrigues dispensables, ni croquer plus que de raison ses personnages, un comble vu les talents impliqués), avant de pleinement rentrer dans le lard d'une jolie collection de courses-poursuites gentiment haletantes et emballées avec soin (tout du moins, pas moins que Rob Cohen et autres feu John Singleton sur la saga Fast and Furious), le film est un pur instantané de son époque, de son montage frénétique agrémenté d'une photographie criarde et d'une B.O. pop rock (avec les omniprésents à l'époque, Moby et Fatboy Slim), à sa propension à ne jamais réellement se prendre au sérieux (jusque dans ses dialogues turbo-débiles, mais parfait pour les amateurs de sourires faciles), dans sa volonté de célébrer un divertissement populaire purement américain incohérent (au-delà de son écriture, il y a très peu de caisses à l'écran finalement) mais férocement ludique.

Et on se prend vite au jeu, nostalgie oblige, que ce soit au détour de l'abattage d'un Nic Cage au sommet (qui cabotine moins que chez Woo et Bay, mais quand-même), capable de nous vendre ses errances capillaires dingues avec un aplomb de feu, où de l'atmosphère stupido-naïve d'une époque pas si lointaine où légèreté rimait encore avec efficacité.
De l'actionner roublard, pas subtil pour un sou mais au coeur gros comme ça, tout pour nous rendre méchamment mélancolique... même pour pas grand chose, donc (on est un public trop facile, qu'est-ce que tu veux...).


Jonathan Chevrier