[CRITIQUE] : Nature Prédatrice
Réalisateur : Tommy Wirkola
Acteurs : Phoebe Dynevor, Djimon Hounsou, Whitney Peak,...
Distributeur : Netflix France
Budget : -
Genre : Épouvante-horreur, Thriller.
Nationalité : Américain.
Durée : 1h23min.
Synopsis :
Au cœur d’un ouragan catastrophique, une ville côtière lutte contre la fureur de la nature et une attaque de requins. Bravant les pluies torrentielles, les débris et l’obscurité, les habitants s’unissent pour survivre aux prédateurs mortels et réussir à traverser la tempête.
Même si sa verve humoristico-dark a disparue aussi vite qu'elle est apparue (ses deux premiers longs, les régressifs Kill Buljo : Ze Film et Dead Snow), le norvégien barré Tommy Wirkola à une place non-négligeable au coeur de la réponse nordique de la fin des années 2000, aux bisseries décomplexées made in US.
A Somewhat Gentle Man, Headhunters ou encore Jackpot avaient une approche similaire aux films de Tarantino ou même ceux de Ritchie, une vision étonnamment libérale du langage et de la violence, au sein d'une narration ironique embrassant fougueusement ses parts d'ombres.
Si son mojo s'avère un brin lessivé depuis qu'il a franchit l'Atlantique pour pleinement s'imposer à Hollywood (on ne retiendra que son film hors circuit américain, l'excellent The Trip, relecture cynique et macabre du déjà corsé La Guerre des Roses, où il posait sa caméra sur un mariage dysfonctionnel et à l'agonie, incarné avec entrain par le couple Hennie/Rapace, même si le tout était enrobé d'un mauvais goût certes assumé mais parfois gênant), difficile de ne pas admettre que le bonhomme sait quand-même méchamment attirer notre attention avec ses délires plus (surtout) où moins déviants.
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Alors quand le bonhomme s'attaque au sous-genre ultra-cheesy et régressif du film de requin, dans une sorte de rip-off mal luné du Crawl d'un Alexandre Aja en passe de lui emboîter le chemin du côté de la firme au Toudoum : pas besoin de nous en donner plus pour qu'on ait la bave aux lèvres, même si sa gestation n'a pas été des plus heureuses, lui qui était un temps un projet sous la bannière Sony Pictures.
C'était la belle promesse vantée par Thrash aka Nature Prédatrice (arrêtes tes conneries Netflix, please), porté un pitch pas moins turbo-débile qu'un autre (un méchant ouragan vient bousculer une ville côtière de la Caroline du Sud et les seuls habitants n'ayant pas tenu compte des consignes d'évacuation : pas de bol, les digues cèdent, toute la cité est inondée et quelques requins viennent chercher de quoi bouffer), et des personnages taillés à la serpe qui s'avèrent bien moins malins que les prédateurs marins à leurs trousses.
Et c'était là tout l'intérêt même du wannabe bousin, s'inscrire moins dans l'ombre du frileux Sur la seine que dans celle d'un Peur Bleue du finlandais violent Renny Harlin, qui ferait fit de son intrigue prétexte pour enchaîner les mises à mort graphiques et sadiques à souhait, privilégiant la comédie horrifique qui s'amuse/se nourrit de sa stupidité au thriller d'action à la gravité (trop) affirmée et imperturbable.
Dans un sens, même s'il se prend les nageoires dans ses propres filets, le film réussit un brin là où Xavier Gens s'était pété la mâchoire : s'il a une féroce tendance à se prendre beaucoup trop au sérieux pour son bien (et à trop laisser sa tension comme ses bestioles, de côté), il a pour lui de jouer la carte d'un humour noir macabre et de mauvais goût (la Wirkola's touch), tout en assumant, paradoxalement, de frôler l'absurde à chaque vague.
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Schizo le nouveau Wirko ?
Pas si loin de la vérité, d'autant qu'il est assez fou de se dire qu'un tel cinéaste ne sache pas embrasser à pleine bouche une sharksploitation où son style déglingué ferait des ravages, comme s'il se bridait, qu'il perdait consciemment ses moyens face au manque de cohérence d'un délire qui n'en a pas forcément besoin, et qui à la facheuse tendance à s'éparpiller pour pas grand chose.
Décousu à défaut d'être un pur chaos furieux et sanglant, expéditif sans pour autant être fondamentalement désagréable (même ses VFX font le café), Thrash est surtout une sacrée occasion manquée, à tel point que l'on redirigerait presque tous nos espoirs de fun sur le prochain effort d'un Renny Harlin au mojo perdu.
Damn...
Jonathan Chevrier



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