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[CRITIQUE] : Le Réveil de la Momie


Réalisateur : Lee Cronin
Acteurs : Jack Reynor, Laia Costa, May Calamawy,...
Budget : -
Distributeur : Warner Bros. France
Genre : Épouvante-horreur, Thriller.
Nationalité : Américain.
Durée : 2h14min

Synopsis :
Une jeune fille disparue dans le désert égyptien réapparaît mystérieusement huit ans plus tard. Mais les retrouvailles tournent vite au cauchemar. Alors que son comportement devient de plus en plus inquiétant, sa famille se lance dans une course contre la montre pour comprendre l’origine du mal. Ce qu’ils vont découvrir dépasse tout ce qu’ils imaginaient.






De loin l'entrée la plus faible du catalogue des classiques de l'horreur made in Universal, repris plus tard par la Hammer (on lui préférera volontiers le Dracula de Browning mais aussi et surtout, le Frankenstein de Whale), La Momie de Karl Freund avait déjà eu les honneurs - enfin, on se comprend - de deux reboots Hollywoodiens en bon et du forme.
Le premier à l'aube des années 2000, une trilogie certes inégale (et bien entaché par le troisième opus de Rob Cohen, que le duo de Radio Silence a bien l'intention de gommer avec son legacyquel) mais intimement divertissante (à tel point que l'on peut totalement considérer les deux premiers opus, comme les meilleurs divertissements d'aventure post-Indiana Jones), initiée par le Jean-Michel Foutraque de la série B US friquée à forte tendance Z, Stephen Sommers (Van Helsing, G.I. Joe) et porté par le définitivement trop rare Brendan Fraser.

La seconde, définitivement plus tragique, au détour du Dark Universe (petit ange disparu trop tôt) d'Universal, qui rêvait de composer un rafraichissement de mythes façon MCU (un potentiel Avengers de monstres, ne rigoles pas, c'était l'idée) avec son fantastique bestiaire, avant de vite faire machine arrière à la vision - mais surtout la réception critique et publique - de l'immondice signé Alex Kurtzman, une Momie modernisée qui se prenait les bobines dans le tapis en égrenant par A + B, tous les défauts majeurs du guide parfait du blockbuster Hollywoodien mal torché et sans âme, malgré une idée de départ accrocheuse (une momie/pharaon au féminin).

Mais même les cadavres de franchises infructueuses, n'ont pas le temps de pourrir au coeur de la jungle Hollywoodienne.
Flairant le sang comme tout bons prédateurs, le tandem Atomic Monster et Blumhouse (un Jason Blum opportuniste as hell et un James Wan à la casquette de producteur trouée), a donc grillé la priorité à la major pour aller jouer des bandelettes avant La Momie 4 de Radio Silence, et ainsi concocter une séance vendue comme une exploration plus horrifique et avec Lee " Evil Dead Rise " Cronin à la réalisation, au scénario et à la production
Et sur le papier, quand bien même la campagne promotionnelle laissait moins présager d'un film de momie qu'une sorte de spin-off officieux à une saga L'Exorciste toute aussi malade, la popote faisait gentiment envie, ne serait-ce qu'à l'idée de voir Cronin se montrer aussi féroce que sur son spin-off de la franchise chère à Sam Raimi.

Copyright Warner Bros


Bonne nouvelle, cette nouvelle itération suit le même mojo en poussant sensiblement les potards au maximum, jonglant comme son Evil Dead entre le thriller domestique à l'ancienne et le film de possession sauce body horror craspec et ironique, pour mieux jouir d'une violence frontale et décomplexé à mort, dégainant une rage rare comme une pléthore de sévices passablement horrible avec une frénésie très (trop ?) gourmande, dans ce qui peut se voir comme un tour de train fantôme bruyant et frénétique qui joue sadiquement sur les notions de traumatisme/deuil et de culpabilité familial (un couple d'américains, qui avait perdu leur fille au Caire huit ans plus tôt, retrouvent la dite gamine - où ce qu'il en reste -, et ont vite conscience que plus rien ne sera pareil désormais).

Sensiblement plus régressif et gore que la totalité des films de possession démoniaque récents, le film ne perd de sa substance que lorsqu'il cherche, étrangement, à rentrer dans leur rang, en se hasardant à quelques jumpscares prévisibles (vorie risibles) tout en laissant sa narration laborieusement étirée, user des mêmes passages obligés que la folie de Cronin semble pourtant renier visuellement, sans chercher dans le même mouvement, à donner plus de substance à une intrigue qui ne dépasse le stade de l'artificielle.
Une ambivalence maladroite (le bonhomme est également à l'écriture du bébé, ne l'oublions pas) qui vient un brin entacher une copie qui redonne un peu de fraîcheur et de chair - putréfiée - à un mythe douloureusement baladée sur grand écran, en affublant ses bandelettes d'une méchanceté perverse et sanglante.

On redoutait la catastrophe, on fait face à une chouette proposition qui tâche en attendant cet été un Evil Dead Burn qui pourrait, on l'espère, incendier une production horrifique ricaine qui ne demande que ça...


Jonathan Chevrier