[CRITIQUE] : Bagarre
Réalisateur : Julien Royal
Acteurs : Nassim Lyes, Ramzy Bedia, Audrey Lamy, Anaïde Rozam, Hedi Bouchenafa,...
Budget : -
Distributeur : StudioCanal
Genre : Action, Comédie.
Nationalité : Français.
Durée : 1h35min
Synopsis :
Naim est un amour dans la vie et un monstre quand il s’agit de se battre. Pour soigner sa chienne malade il est contraint d’intégrer « Allo Bagarre » un service de combattants de rue qui règlent les embrouilles à coups de poings. Mais le jour où il comprendra que les conflits se règlent par le dialogue, Naim aura bien du mal à se faire entendre.
Dans l'arsenal promotionnel maladroit d'une comédie française à la propension proprement maladive de vouloir constamment mal se vendre sur son propre territoire (impossible de défendre un sabotage aussi volontaire qu'appliqué au fil du temps), les affiches génériques et peu engageantes sont presque comme le Magnum 44 automatique de ce bon vieux Dirty Harry : une arme absolue qui fait mal et mouche à tous les coups.
Celle du film Bagarre d'un Julien Royal aux débuts contrastés du côté de la firme au Toudoum Netflix (le pas fifou mais divertissant En passant pécho, extension sur grand écran des délires sous LSD d'une web-série populaire made in YouTube; mais surtout le plus réussi et Ritchiesque Nouveaux riches) avait même presque tout d'une douloureuse profession de foi.
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| Copyright 2025 CHI-FOU-MI PRODUCTIONS - NETFLIX |
Pire, elle laissait même planer l'idée que Nassim Lyes, irréductible gaulois qui, comme Alban Lenoir, incarne la lumière enthousiasmante et badass d'un cinéma d'action bien de chez nous à la pellicule méchamment au coeur d'un tunnel bien sombre, s'était hasarder à prêter ses aptitudes musclées à une nouvelle tentative maladroite de faire exister le genre en salles, auprès d'un cinéaste pas forcément outillé - sur le papier - pour le célébrer.
Monumentale erreur - où pas loin -, tant ce troisième long-métrage du rejeton de l'une des papesses hexagonales de la défense de l'ordre moral de notre chère jeunesse, est un petit bonbon tout en excès et savamment décomplexé, qui joue de l'absurdité de son pitch supposément prétexte et louchant un brin du côté de la filmographie de Philippe Lacheau (Alibi.com, avec un Lyes incarnant un homme tout aussi incroyablement qu'il est létale quand il est obligé de faire parler ses poings - pire que le Schwarzy de Jumeaux -, obligé malgré lui de rejoindre l'entreprise " Allo Bagarre ", version Uber Eats du combat de rue pour personne en quête de cogneurs, pour soigner sa petite chienne), pour incarner une régressive et violente comédie d'action qui ne se prend jamais au sérieux tout en embrassant pleinement ses penchants bis, laissant son naïf ange de la destruction maladroit avec sa bouche, faire parler ses aptitudes avec la finesse d'un tank sans frein dégringolant du toit d'un gratte-ciel.
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Et c'est bien là que le film justifie amplement son pesant de pop-corn : son accumulation de scènes burnées toutes plus jouissives les unes que les autres - même si parfois trop expéditives -, qui contrebalance un humour potache qui ne fait pas toujours mouche (malgré une sacrée galerie de seconds couteaux pour le porter), d'autant que Lyes, tout aussi habile dans l'humour que dans l'action, traite la maladresse de son personnage pour faire primer la raison, aussi sérieusement qu'il déclenche ses coups.
Chouette délire hybride et tout en surenchère qui tient fièrement ses intentions comme sa caméra (virevoltante et solide sur ses cadres, jamais plombé par son montage frénétique), Bagarre, qui aurait certes pu muscler un poil plus son propos (une marchandisation publique de la violence, au coeur d'une société contemporaine où elle est déjà effroyablement banalisée), n'en reste pas moins une pure bisserie rythmée qui nous prend par les sentiments et ne ment jamais sur la marchandise : on n'en demandait pas forcément plus.
Jonathan Chevrier



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