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[CRITIQUE] : Wedding Nightmare : Deuxième partie


Réalisateurs : Matt Bettinelli-Olpin et Tyler Gillett
Acteurs : Samara Weaving, Kathryn Newton, Sarah Michelle Gellar, Shawn Hatosy, Elijah Wood, David Cronenberg,...
Distributeur : The Walt Disney Company France
Budget : -
Genre : Épouvante-horreur,  Thriller.
Nationalité : Américain.
Durée : 1h48min.

Synopsis :
Peu après avoir échappé à l’attaque sans merci de la famille Le Domas, Grace découvre qu’elle vient d’atteindre un nouveau niveau dans ce jeu cauchemardesque – et elle aura à ses côtés sa sœur dont elle s’était éloignée, Faith. Elle n’aura qu’une seule chance pour à la fois survivre, protéger sa sœur et revendiquer le Haut Siège du Conseil qui gouverne le monde. Cette fois, quatre familles rivales la traquent pour s’emparer du trône, et celle qui l’emportera aura le pouvoir absolu.






À l'été 2018, pour tous les amoureux de bisseries qui tâche, il était difficile de passer au travers de l'excellent Wedding Nightmare d'un tandem Radio Silence n'ayant pas encore dévitalisé leur mojo du côté de chez Woodsboro (Abigail était sympa oui, mais quand-même), heureux et énervé mariage de sang et de comédie sous fond malédiction et de satanisme, dont le concept résolument barré (une jeune mariée découvre qu'elle va devenir, le soir de ses noces, le sacrifice du culte satanique de sa belle-famille) allié à une thématique de lutte des classes certes un brin survolé mais réelle (l'excentricité démesurée d'une bourgeoisie totalement déconnectée du monde réel, et prêt à tout pour conserver ses biens), permettait à ses auteurs d'y aller généreusement dans les mises à mort graphiques et sadiques.

Le tout avec une Samara Weaving badass as hell et définitivement à l'aise dans l'épouvante comique et old school (coucou le tout aussi chouette The Babysitter), totalement crédible en mariée qui était arrivée en blanc à son mariage, mais en était reparti plus énervée et iconique que jamais.

Copyright 2026 Searchlight Pictures. All Rights Reserved.

Pas forcément prompt à mériter une suite - mais ni vraiment illégitime non plus -, le succès d'estime du film original à sans aucun doute motivé tout le monde à jouer les prolongations (inutiles), presque huit ans plus tard, avec une Deuxième Partie (double sens volontaire à la clé) qui épouse sans sourciller la règle du bigger and louder but not better, en reprenant - quasiment - les bons points de son aîné (l'effet de surprise en moins, et cela joue énormément) dans une sorte de gloubi-boulga mélangeant surenchère et volonté maladroite - mas obligée - d'étendre mignon une mythologie qui n'a de cesse de se contredire au moindre virage.

Reprenant là où l'intrigue du précédent s'était arrêté (une nuit de rêve...), avec une Grace à l'hôpital et renouant avec une sœur perdue (Kathryn Newton, l'autre actrice chouchou des cinéastes), la narration ne tarde pas vraiment à rentrer dans le vif du sujet en confrontant notre pauvre héroïne à toute l'organisation, véritable conseil mondial dirigé par un David Cronenberg en charentaises, pas content que la famille Le Domas n'ait pas mené a bien sa mission sacrifice.
Il organise donc un nouveau cache-cache des familles bigger than life avec ses rejetons Buffy et Shawn " The Faculty forever " Hatosy (clairement le meilleur nouveau personnage de ce second opus), à coups de règles brutales qui se contredisent mignon, pour savoir " qui qui c'est " qui siégera Haut Siège du Conseil.

Et c'est là tout le malheur d'une suite qui se focalise moins sur Grace (logique) et sa sœur (les raisons de sa présence sont incohérentes, et le développement de leurs liens familiaux est effroyablement facile), que sur une organisation au fonctionnement nébuleux (restons poli), dont tous les personnages - secondaires - ne dépassent jamais le stade du fonctionnel (excentriques et jetables donc), prompt à se faire zigouiller dans des explosions corporelles joliment régressives mais plombées par une structure qui alterne maladroitement séquences d'action et tunnels explicatifs.

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En démocratisant son postulat horrifico-surnaturel (tout en passant d'une action nocturne à une intrigue en plein jour), le film ne peut jamais prétendre à n'être plus qu'un énième survival gothico-sanglant certes divertissant dans ses excès, mais avant tout et surtout douloureusement redondant, qui laisserait sensiblement sur le carreau son auditoire sans la présence folle d'une Queen Samara qui fait à nouveau des miracles, scream queen ultime tout en fureur et en douleur.

Elle est le phare solaire d'une suite fun mais dispensable qui, moins par le fruit d'une conclusion définitive que d'une carrière timide dans les salles obscures nord-américaines, ne devrait pas connaître une seconde déclinaison... tant mieux.


Jonathan Chevrier