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[CRITIQUE] : Vil & Misérable


Réalisateur : Jean-François Leblanc
Avec : Fabien Cloutier, Pier-Luc Funk, Anne-Elisabeth Bossé,...
Distributeur : Charybde Distribution
Budget : -
Genre : Comédie.
Nationalité : Canadien.
Durée : 1h54min

Synopsis :
Lucien est un diable morose descendu sur Terre il y a plus de 350 ans. Libraire passionné par son métier, il voit sa tranquillité perturbée par l'arrivée de Daniel, un collègue humain et enthousiaste. Contraints de faire équipe pour sauver leur librairie, ils se retrouvent malgré eux au cœur d’une mission improbable…





Contrairement a ce que le septième art nous affirme haut et fort ce mois-ci : non le Diable ne s'habille donc pas uniquement en Prada, mais bien aussi en lycra... et avec des cornes.

Blague à part, il y a quelque chose d'étrange (peut-être même malsain), quoique profondément humain dans le même mouvement, dans le fait de voir l'art (pas uniquement le cinéma, évidemment , mais restons sur ce prisme si tu le veux bien chez lecteur) sensiblement de plus en plus démystifier la figure du diable et, par extension, le monde satanique - notamment les enfers -, à travers un regard sympathique voire même parfois bienveillant (au point d'en faire ni plus ni moins qu'une simple figure d'une pop culture pas toujours compréhensible), moins dans un souci de questionner cette figure religieuse que d'en user avec opportunisme.

Le mal est partout affirmant ce cher Baudelaire, mais avant tout et surtout dans les billets verts (poésie quand tu nous tiens...)

Copyright Charybde Distribution

Pas si eloigné d'un (juste un poil) plus potacho-débile Little Nicky avec le Sandman en fils du diable maltraité et bègue (les vrais savent),  Vil & Misérable, estampillé premier long-métrage du wannabe cinéaste Jean-François Leblanc, et adaptation - moins excessive - de la bande dessinée québécoise éponyme de Samuel Cantin, pousse le bouchon un poil moins loin en faisant de Lucifer un libraire aussi passionné que méchamment bouffé par sa solitude, descendu sur Terre il y a plus de 350 ans et obligé, pour sauver sa petite entreprise qui connaît la crise (pas l'Enfer, sa librairie engoncée à l'intérieur d'un concessionnaire automobile), de se lancer dans un business de trafic de livres d’occasion avec un nouveau BFF beaucoup trop enthousiaste et consentant...

D'un postulat absurde jouant sur les déséquilibres plus où moins cocasses (faire du Diable un bouquiniste érudit, solitaire et dépressif qui squatte le fauteuil d'un psychiatre plus sinistre que lui, est une idée géniale), Leblanc tire une balade buddy moviesque bancale mais attachante sur une figure " haineuse " incapable de reproduire la comédie humaine (mais prompt à s'adoucir enfin à son contact), au coeur même d'une œuvre incapable de jongler entre la dynamique des bulles à laquelle il est fermement attaché - qui plombe son rythme comme son énergie comique -, et une grammaire cinématographique qu'il peine à vraiment embrasser.
Un beau bordel (dés)organisé d'où émerge quelques gags qui font sensiblement le café, mais qui n'étouffent jamais assez les trous d'air d'une prose qui apparaît souvent bien, bien longue...


Jonathan Chevrier