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[CRITIQUE] : Protector


Réalisateur : Adrian Grunberg
Acteurs : Milla Jovovich, Isabel Myers, Matthew Modine,...
Distributeur : Amazon Prime Vidéo France.
Budget : -
Genre : Action, Thriller.
Nationalité : Américain.
Durée : 1h32min  

Synopsis :
La vie tranquille de la vétérante Nikki est bouleversée lorsqu'elle se réveille dans une usine abandonnée et découvre que Chloé a été kidnappée. Après s'être rapidement échappée, Nikki plonge dans le monde criminel de la ville afin de retrouver sa fille.




Il faut l'admettre, elle est quand-même vachement généreuse Milla Jovovich, puisque quand elle ne tourne pas de mauvais actionners devant la caméra de son réal de mari Paul WS Anderson (dont les meilleurs films sont sans elle... et ce n'est même pas une blague), elle le fait chez les autres avec une bonhomie qui force intimement le respect, tant elle roule tranquillement sa bosse dans le giron d'une production Hollywoodienne ou elle se paye même, parfois, quelques présences plus ou moins remarqués - mais pas remarquables - dans les salles obscures.

Parce qu'il ne faut pas trop se perdre non plus dans la déconnade, on l'avait déjà laissé du côté de Prime Vidéo en avril dernier avec un sacré morceau : Worldbreaker, thriller dramatico-post-apopo salement familier aux personnages taillés à l'épluche légumes, signé par un Brad Anderson au mojo perdu depuis trop longtemps, sorte de proto-The Last of US sauce Sans un Bruit en moins catho-déprimé, une fable dystopique glissant lentement mais sûrement vers la facilité ennuyée et ennuyeuse, dynamitée au Xanax et où la question centrale n'est pas tant de savoir qui va survivre, mais si ta box internet va te faire le cadeau de planter avant le générique de fin (spoilers : malheureusement non).

Copyright Magenta Light Studios

Mais en cette rentrée ciné 2026 de tous les possibles, elle a décidé, pour notre plus grand déplaisir, de pousser les potards encore plus loin avec Protector d'Adrian Grunberg, actionner Liam Neeson-esque - où Statham-esque - aussi engageant qu'un week-end de détente au camping de Melun (petite dédicace au 77, y'a pas de petite pub pour les natifs que nous sommes), rip-off jamais assumé de la saga Taken où elle campe une matriarche aux compétences toutes particulières - une ancienne bidasse qu'il ne faut pas emmerder -, qui voit sa fille adolescente se faire kidnapper par un réseau criminel de trafic sexuel nommé « Le Syndicat » et, évidemment, elle va composer un petit carnage maison pour la délivrer du mal, parce qu'on ne touche pas à la chair de sa chair sans rencontrer la grande faucheuse en personne.

Un pitch qui, sur le papier, contenterait le public facile que nous sommes si l'exécution ne se perdait pas dans un dédale d'amateurisme qui ferait passer les DTV des frangins Mandylor pour du caviar : un sens du cadre littéralement aux fraises (magnifié par une lumière chaotique et des zooms irritants tout droit sortis du pire épisode d'Alerte Cobra), des chorégraphies pachydermiques et un rythme aussi décousu que léthargique, le tout agrémenté de dialogues insipides tentant de combler les trous d'une intrigue moins prévisible que risible.
Même Jovovich fait peine à voir, moins expressive qu'un recoin de porte et enchaînant les mises à mort avec un entrain proche du néant.
Le pire du pire du cata(tout est dit)logue Prime Vidéo, pourtant gratiné question séances indéfendables.


Jonathan Chevrier