[CRITIQUE] : Pour le meilleur
Réalisatrice : Marie-Castille Mention-Schaar
Avec : Pierre Rabine, Lilly-Fleur Pointeaux, Sandrine Bonnaire, Corinne Masiero,…
Distributeur : Le Pacte
Budget : -
Genre : Comédie dramatique.
Nationalité : Français, Belge.
Durée : 1h47min
Synopsis :
L’incroyable histoire d’amour entre Philippe Croizon, un homme privé de ses quatre membres et de Suzana, une femme qui va lui redonner l’énergie et la possibilité d’avoir encore des rêves, dont celui de traverser la Manche à la nage.
Si l'adage veut que l'enfer soit pavé de bonnes intentions, il n'est pas totalement naïf de penser que bon nombres de cinéastes pensent à l'origine bien faire lorsqu'ils abordent des histoires/sujets dont ils n'ont soit pas toujours la maîtrise (voire même, pour certains, le minimum requis de connaissance pour ne pas totalement foirer comme dit plus haut, les intentions de départ), soit pas fondamentalement le prisme adéquat pour le traiter de la meilleure des manières.
En ce sens, à une heure où le biopic estampillé moderne incarne la proposition la plus cheap du marché et, paradoxalement, la plus déclinée parce qu'elle est justement l'incarnation parfaite de la facilité, pour peu que la figure choisie ait une existence un minimum remplie (quoique), il n'y avait pas vraiment de quoi péter d'enthousiasme à l'idée de voir une cinéaste rompue au genre, Marie-Castille Mention-Schaar, tenter de donner du cœur et du corps à la mise en images de l'histoire vraie, pourtant incroyable et inspirante, de Philippe Croizon, qui a fait d'une tragédie absolue (il a été amputé des quatre membres après avoir trois décharges de 20 000 volts), le moteur d'une seconde vie repoussant les limites du possible et de l'adversité.
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Si l'on ne pensait pas forcément le film, joliment titré Pour le meilleur, suivre les pas d'un divertissement populaire français dans l'ombre de ceux furieusement maladroit du tandem Olivier Nakache/Éric Toledano (ceux d'Artus, sous couvert de la comédie potache, n'en était pas moins perfectibles), en abordant le sujet du handicap avec les gros sabots qu'on lui connait si bien (préjugé facile certes, mais rarement contredit par la vérité des salles obscures), force est d'admettre qu'on ne l'imaginait pas forcément non plus s'extirper d'une écriture glucosée et cousue de fil blanc, tirant méchamment sur la corde de l'émotion.
Pas de bol, censé retranscrire de manière un tant soit peu vibrante le parcours exceptionnel et inspirant du bonhomme, la péloche incarne une sacrée déconvenue dont la bobine se vautre aussi bien du côté d'une narration qui coche avec gourmandise tous les passages obligés façon hagiographie sans âme, que d'une mise en scène à la grammaire cinématographique plus terne et sans envie qu'un téléfilm de l'après-midi sur la première chaîne - direction d'acteurs aux fraises en prime -, annihilant de facto toute émotion comme toute hypothétique empathie.
On le dit souvent, mais c'est férocement vrai, les bonnes intentions ne font pas un bon film - et inversement - : Philippe Croizon méritait mieux, le spectateur aussi.
Jonathan Chevrier


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