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[FUCKING SERIES] : The Pitt saison 2 : La meilleure série médicale ?



(Critique - avec spoilers - de la saison 2)


On ne compte plus le nombre de séries médicales sorties. Grey’s Anatomy, Scrubs, H, Dr House… Difficile d’arriver sur ce marché sans faire redit et en se démarquant. Cependant, la saison 1 de The Pitt avait réussi à sortir du lot grâce à son concept très simple mais terriblement efficace. On suit un shift de 15 heures dans le service d’urgence d’un hôpital, et où un épisode représente une heure. Ainsi, le spectateur est constamment plongé dans la pression. Et oubliez le suivi au cas par cas des patients comme dans beaucoup d’autres séries. Là, nous allons voir s’enchainer les patients et patientes. Certains et certaines reviendront plusieurs fois au cours de la saison, mais d’autres ne seront présents que pour quelques minutes. Cette recherche du réalisme des urgences s’accompagne de l’utilisation de termes techniques et de représentation très crus des cas ou opérations.

Mais pas d’inquiétude, pas besoin d’avoir PACES pour comprendre The Pitt, car ce n’est pas le centre du récit.

Copyright Warrick Page/HBO Max

Ce qui intéresse les scénaristes est les relations humaines. Que ce soit entre patients et corps hospitalier, mais aussi au sein des médecins et des familles. C’est d'ailleurs là où la saison 1 de The Pitt brillait. Elle regorgeait d’histoire humaine, touchante, et remarquablement bien écrite. En quelques instants, elle arrivait à nous faire accrocher à des vies et à des familles. Un début de série tellement complète que l’on pouvait se demander si une saison 2 était bien nécessaire. Comment renouveler la formule et rendre le temps aussi intéressant ?

Bilan après la fin de la deuxième saison ; ce n’est ni meilleur, ni pire, mais juste totalement différent. En gardant la même formule d’une heure par épisode, les créateurs explorent de nouvelle thématique, développent les personnages, et présentent un nouveau contexte en plaçant la journée durant le 4 juillet. De nouvelles intrigues rafraîchissantes s’intéressant à des sujets peu ou pas traités durant la saison 1.
On retrouve certains des protagonistes qui ont bien évolué, et pour notre plus grand plaisir. Le personnage du Dr Robby reste cependant au centre de l’histoire avec un axe traitant de la santé mentale et comment les urgences peuvent bouffer la vie des professionnels de santé. Sujet déjà un peu abordé précédemment avec l’infirmière générale Dana, il s’étend maintenant à tous, et sur différents aspects (gérer une vie de famille, vivre en dehors du service d’urgence qui peut prendre beaucoup de place, etc).

Copyright Warrick Page/HBO Max

Un autre aspect majeur qui est abordé durant cette saison est la place des infirmières et infirmiers. Pouvant être un peu relégué au second plan dans la saison 1, cette fois-ci, ils et elles prennent une place importante dans les intrigues (laissant ainsi plus de place à l’excellente Katherine LaNasa qui interprète Dana, indéniablement l’un des personnages les plus intéressant de la série). Cette saison suit la formation d'une nouvelle infirmière, et va plus en profondeur sur les difficultés de métier. Que ce soit les problèmes d'effectif, les violences qu'ils, mais souvent elles, peuvent subir. Une séquence particulièrement difficile met d'ailleurs en scène l'infirmière générale et la nouvelle. Une femme victime de violence sexuelle nécessite la mise en place d'un processus très précis. Des instants qui dénotent avec le rythme effréné de la série.

Plus globalement, les qualités de caractérisation et d’écriture des personnages ne font que s’affirmer. Tous sont plus ou moins ambigu, jamais parfaits, rongés par des défauts, mais aussi touchants. Les deux meilleurs exemples étant le Dr Robby (Noah Wyle) et le Dr Langdon (Patrick Ball). Même si leurs personnages sont loin d’être des saints, on ne peut que ressentir de l’empathie envers eux.
Mais l’une des forces de The Pitt est aussi sa capacité à s'attaquer à des sujets d’actualité. La série va traiter du coût du système de santé (qui était trop peu abordé dans la saison 1), des dépendances aux opioïdes, mais aussi de l’impact de l’ICE (le service d’immigration des USA) sur des patients ainsi que du personnel de santé lorsque des agents débarquent dans un hôpital. Il serait impossible de résumer toutes les thématiques abordées dans une seule saison tant elle est dense.

Copyright Warrick Page/HBO Max

Une densité qui se ressent dans la mise en scène. Plan long, proche des personnages, les enfermant dans des petits cadres à l’image des couloirs d'hôpitaux. Tout est mis en place pour retransmettre l’effet angoissant et étouffant d’un service d’urgence. Un rush constant qui est tout de même cassé par des instants douceurs et de tristesses. Des moments où les personnages ont besoin de souffler, submergés par le monde qui les entourent.

La saison 2 de The Pitt est peut-être moins dans l'émotion et l'empathie des patients, mais elle s'attarde plus sur le corps médical. Tout en gardant ses ambitions pédagogiques autour des services médicaux, elle va s'intéresser à des sujets difficiles mais particulièrement important, surtout pour le public états-uniens (mais qui risque d'être de plus en d'actualité pour la France).



Livio Lonardi