[CRITIQUE] : Compostelle
Réalisateur : Yann Samuell
Avec : Alexandra Lamy, Julien Le Berre, Mélanie Doutey, Eric Métayer,...
Distributeur : Apollo Films
Budget : -
Genre : Drame.
Nationalité : Français.
Durée : 1h40min.
Synopsis :
Fred et Adam, un adolescent en rupture, ne se connaissent pas. Pourtant, grâce à une association, ils entreprennent ensemble le pèlerinage de Saint-Jacques-de-Compostelle. Elle cherche à apaiser son passé, il tente de canaliser sa colère et son sentiment d’abandon. Au fil des kilomètres, entre affrontements et instants suspendus, un lien fragile se tisse. Face aux épreuves du chemin, chacun découvre en lui une force insoupçonnée.
Inspiré d’une histoire vraie.
À une époque où l’on aime criminaliser à tout va, quitte à déshumaniser l’individu derrière la peine, il est intéressant de constater la place laissée à une justice réparatrice, permettant de mieux gérer une forme de réinsertion et de revalidation de l’autre. Le magnifique Je verrai toujours vos visages avait fait de cette pratique le cœur thématique et émotionnel de son histoire tandis que Compostelle inscrit cette notion dans sa construction, le récit suivant une ancienne prof et un jeune délinquant dans une marche de rupture sur le parcours de Saint-Jacques-de-Compostelle, avec ce que cela implique de développement relationnel.
La première chose qui frappe se trouve dans le choix des cadres. Le réalisateur nous en parlait en interview mais nous essaierons de nous limiter à un minimum car cette approche trouve quelque chose de pertinent dans le renfermement respectif de chaque protagoniste. L’aspect déroutant trouvera alors sa résolution au meilleur moment possible, permettant une ouverture de champ où nos deux personnages chercheront à exister, aussi bien ensemble qu’individuellement. Nous aurions d’ailleurs même apprécié si la mise en scène se permettait plus d’audace visuelle de ce genre afin de faire exploser réellement ses thématiques de fond.
En effet, le chemin suivi par Compostelle se révèle assez classique finalement dans son envie de réconciliation avec le monde ainsi que son rapprochement générationnel. Cela n’empêche pas de pouvoir apprécier la façon dont Alexandra Lamy et Julien Le Berre se répondent dans leur interprétation respective mais ce classicisme aurait pu profiter de cette audace formelle qui démarre le film. Il n’en reste pas moins que le résultat a clairement du cœur ainsi que l’envie d’approcher son parcours reconnu en y faisant exister les destinées en cours de reconstruction, avec un rapport à la nature et à la redécouverte clairement palpables.
S’il peut sembler un peu trop attendu dans sa narration, Compostelle ne manque pas d’affection pour ses personnages qu’il tente de bousculer, d’abord visuellement puis en réponse dans ses questions de reconstruction individuelle. Il en ressort un long-métrage avec un affect bien ancré dans le cinéma de Yann Samuell, cherchant à rendre de l’air à ses protagonistes par le biais de ses cadres afin qu’ils retrouvent, chacun à leur manière, leur propre route. Certains se plaindront de « bons sentiments » mais est-ce réellement un mal de proposer une forme réparatrice par rapport à des individus brisés ?
Liam Debruel
Avec : Alexandra Lamy, Julien Le Berre, Mélanie Doutey, Eric Métayer,...
Distributeur : Apollo Films
Budget : -
Genre : Drame.
Nationalité : Français.
Durée : 1h40min.
Synopsis :
Fred et Adam, un adolescent en rupture, ne se connaissent pas. Pourtant, grâce à une association, ils entreprennent ensemble le pèlerinage de Saint-Jacques-de-Compostelle. Elle cherche à apaiser son passé, il tente de canaliser sa colère et son sentiment d’abandon. Au fil des kilomètres, entre affrontements et instants suspendus, un lien fragile se tisse. Face aux épreuves du chemin, chacun découvre en lui une force insoupçonnée.
Inspiré d’une histoire vraie.
À une époque où l’on aime criminaliser à tout va, quitte à déshumaniser l’individu derrière la peine, il est intéressant de constater la place laissée à une justice réparatrice, permettant de mieux gérer une forme de réinsertion et de revalidation de l’autre. Le magnifique Je verrai toujours vos visages avait fait de cette pratique le cœur thématique et émotionnel de son histoire tandis que Compostelle inscrit cette notion dans sa construction, le récit suivant une ancienne prof et un jeune délinquant dans une marche de rupture sur le parcours de Saint-Jacques-de-Compostelle, avec ce que cela implique de développement relationnel.
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| Copyright 2025 Marie-Camille Orlando - Eveya Productions - Page Films - Apollo Films Distribution - France 3 Cinéma - Auvergne-Rhône-Alpes Cinéma- Artémis Productions |
La première chose qui frappe se trouve dans le choix des cadres. Le réalisateur nous en parlait en interview mais nous essaierons de nous limiter à un minimum car cette approche trouve quelque chose de pertinent dans le renfermement respectif de chaque protagoniste. L’aspect déroutant trouvera alors sa résolution au meilleur moment possible, permettant une ouverture de champ où nos deux personnages chercheront à exister, aussi bien ensemble qu’individuellement. Nous aurions d’ailleurs même apprécié si la mise en scène se permettait plus d’audace visuelle de ce genre afin de faire exploser réellement ses thématiques de fond.
En effet, le chemin suivi par Compostelle se révèle assez classique finalement dans son envie de réconciliation avec le monde ainsi que son rapprochement générationnel. Cela n’empêche pas de pouvoir apprécier la façon dont Alexandra Lamy et Julien Le Berre se répondent dans leur interprétation respective mais ce classicisme aurait pu profiter de cette audace formelle qui démarre le film. Il n’en reste pas moins que le résultat a clairement du cœur ainsi que l’envie d’approcher son parcours reconnu en y faisant exister les destinées en cours de reconstruction, avec un rapport à la nature et à la redécouverte clairement palpables.
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| Copyright 2025 Marie-Camille Orlando - Eveya Productions - Page Films - Apollo Films Distribution - France 3 Cinéma - Auvergne-Rhône-Alpes Cinéma- Artémis Productions |
S’il peut sembler un peu trop attendu dans sa narration, Compostelle ne manque pas d’affection pour ses personnages qu’il tente de bousculer, d’abord visuellement puis en réponse dans ses questions de reconstruction individuelle. Il en ressort un long-métrage avec un affect bien ancré dans le cinéma de Yann Samuell, cherchant à rendre de l’air à ses protagonistes par le biais de ses cadres afin qu’ils retrouvent, chacun à leur manière, leur propre route. Certains se plaindront de « bons sentiments » mais est-ce réellement un mal de proposer une forme réparatrice par rapport à des individus brisés ?
Liam Debruel









