[CRITIQUE] : They Will Kill You
Réalisateur : Kirill Sokolov
Acteurs : Zazie Beetz, Tom Felton, Heather Graham, Rosanna Arquette,...
Distributeur : Warner Bros. France
Budget : -
Genre : Action, Comédie, Épouvante-horreur.
Nationalité : Américain, Sud-africain.
Durée : 1h35min.
Synopsis :
Dans They Will Kill You, une jeune femme doit survivre toute une nuit au Virgil, le repaire mystérieux d’une secte démoniaque qui se révèle rapidement être un piège mortel. Les adeptes, eux, comptent bien faire de la malheureuse leur prochaine offrande… Une comédie d’horreur et d’action explosive.
Sur le papier, il y avait une savoureuse odeur de bisserie fumante et déviante qui tâche, alliée à une sorte de revenge movie gore sauce horreur satanico-déglinguée gentiment réchauffée au micro-ondes, qui émanait de la bande annonce gentiment rouge sang du bien nommé They Will Kill You du cinéaste russe Kirill Sokolov, qui semblait pleinement assumer ses contours de Midnight Movies pulpeux et - plus où moins - spectaculaire (parce qu'avec un budget sensiblement plus confortable que la moyenne), ramenant le spectateur à un vrai sentiment de dureté qui a totalement échappé au cinéma d'action contemporain ricain ces dernières années, à l'instar du récent - et génial - diptyque SISU de Jalmari Helander.
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Un pur rejeton du Grindhouse perdu, porté par une vision étonnamment libérale du langage et de la violence, qui servirait une narration prétexte juste ce qu'il faut qui embrasserait elle, fougueusement, ses parts d'ombres comme ses fragilités, au point de suffisamment tromper la furieuse impression de n'être qu'un rip-off mal luné du Wedding Nightmare de Radio Silence (avec une nuance non-négligeable : les vilains sont plus immortels que les copains de Totoff Lambert dans la saga Highlander), dégainé une quinzaine de jours avant sa suite - weird timing -, et qui loucherait mignon sur les tics du cinéma de Quentin Tarantino - le pape absolu de la mécanique de citations/réappropriations/régurgitations de références pulp.
Autant dire donc que ce n'est pas franchement le genre de péloches à avoir le mérite de squatter nos salles obscures, mais bien plus à venir garnir en catimini, des catalogues VOD dont on a souvent très peu connaissance des nouveautés.
Impossible dès lors de totalement bouder son plaisir, malgré de gros couacs évident au visionnage, face à cette popote familiaro-régressive et (très) sanglante au pitch pas moins limité qu'un autre (une jeune femme doit survivre toute une nuit au Virgil, le repaire mystérieux d’une secte démoniaque - évidemment - sans morale qui compte faire d'elle leur offrande du mois au diable, rien que ça), mais dont le manque d'enjeu (si la quête de survie se double d'une profondeur de sens certes facile - le sauvetage d'une soeur quelle pense retenue dans l'hôtel-labyrinthe -, jamais la dimension émotionnelle de cette relation sororale ne dépasse le stade du superficiel) couplé à une structure narrative méchamment redondante, vient un peu trop vite saper le mood d'un joli jeu de massacre renforçant encore un peu plus, le statut d'action woman solide et évidant de la pétillante Zazie Beetz.
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Gros morceau de chaos débridé et cartoonesque à l'hyper-violence outrancière, qui ne dépasse jamais réellement la somme de toutes ses références (Kill Bill et Drag Me To Hell - et, plus directement, la patte Sam Raimi - en tête, mais pas que), mais sait se faire suffisamment généreux et bruyant dans son déchaînement de brutalité, They Will Kill You, dénué de toute subtilité/singularité et qui a le bon ton de ne pas traîner pour rentrer dans le vif du sujet, fait néanmoins le café pour tous les nostalgiques d'une action déglinguée et fine comme un parpaing de maroilles.
On reste clients, même si on en demandait un poil plus.
Jonathan Chevrier
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Quand un film ose mélanger le huis clos satanique, la comédie noire débridée et l'action ultra-gore sans jamais ciller, on est en droit de savourer. They Will Kill You est exactement ce genre d'objet cinématographique bancal et jouissif qu'on n'espérait plus voir sortir d'un grand studio. Porté par une Zazie Beetz absolument explosive, le film s'impose comme l'une des surprises les plus fun de ce début d’année.
L'héroïne Asia Reaves débarque au Virgil, un immeuble de luxe new-yorkais qui dissimule une secte satanique d'immortels fortunés. Dès la première confrontation, quatre agresseurs masqués de cochon et Asia pour les transformer en morceaux éparpillés aux quatre coins de la pièce. Le ton est donné. Sokolov assume pleinement ses influences Raimi et Tarantino mais sait s’en détacher assez vite avec une énergie communicative et un sens du découpage qui flirte avec la case de BD grand format. Le gore est inventif, assumé, parfois hilarant, et Beetz incarne son personnage avec une aisance et une brutalité qui donnent envie de la voir dans dix films d'action supplémentaires. Le reste du casting ; Patricia Arquette en grande prêtresse, Tom Felton délicieusement détestable, Heather Graham en persécutrice surjouée, complète le tableau avec un bel enthousiasme collectif.
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Petit bémol, cependant : le Virgil, censé être ce temple démoniaque labyrinthique où chaque étage recèle ses mystères, peine à imposer une vraie identité visuelle. Les décors manquent de profondeur et de caractère propre : les couloirs se ressemblent, l'espace est rarement exploité avec imagination, et l'on perd vite le sens de la géographie verticale pourtant essentielle au principe du film. Cette platitude spatiale rejaillit sur les chorégraphies d'action : si le premier affrontement est une réussite, les séquences suivantes reproduisent un peu trop les mêmes schémas, avec des hésitations dans le rythme qui trahissent un manque de confiance dans la construction de l'espace de combat.
Reste que They Will Kill You est, dans l'ensemble, une machine à plaisir sincère, débordante d'idées barrées et portée par un souffle punk réjouissant. Un trip déconseillé aux estomacs fragiles, vivement recommandé aux autres.



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