[CRITIQUE] : Rural
Réalisatrice : Édouard Bergeon
Acteurs : -
Distributeur : Jour2fête
Budget : -
Genre : Documentaire.
Nationalité : Français.
Durée : 1h33min.
Synopsis :
Edouard Bergeon (« Au Nom de la Terre ») nous plonge dans la vie de Jérôme Bayle, éleveur charismatique du Sud-Ouest et figure nationale de la ruralité. Avec humour et tendresse, il dresse un portrait sensible de l’agriculture familiale française d’aujourd’hui et de ceux qui se battent pour la faire perdurer.
On s'était tous pris une sacré manchette dans la glotte avec le premier long-métrage de fiction de Édouard Bergeon, Au nom de la terre, plongée douloureuse et infiniment personnelle (puisque le cinéaste racontait le destin tragique de son propre père) dans la vie d'agriculteur, une œuvre digne dans sa vérité macabre, politique - même sans le vouloir - dans sa mise en image d'un sacrifice constant et trop rarement reconnu, westernien en diable avec sa facture crépusculaire.
Un film puissant et modeste, sous couvert d'un hommage bouleversant autant qu'une séance aussi nécessaire qu'elle pousse à la réflexion un auditoire qui restera longtemps hanté parce qui lui est montré à l'écran (un tiers des agriculteurs vivent sous le seuil de pauvreté, deux agriculteurs se suicident par jour).
Moins puissant, son troisième effort, La Promesse Verte n'en restait pas moins une solide proposition, un thriller sous tension noué autour d'une relation mère-fils poignante et puissante, portée par un tandem Alexandre Lamy/Félix Moati impliqué et crédible.
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Pour son quatrième long-métrage, on redescend un nouveau un poil d'un cran avec Rural (hommage direct à Depardon et à son recueil de photos publiés dans les années 80), pour lequel il compose une sorte de retour aux sources en renouant avec le documentaire et l'idée d'un "cinéma du réel" (idée plombée par un score pesant), à travers le portrait d'une figure charismatique et populaire de la contestation populaire, Jérôme Bayle, éleveur de Haute-Garonne ayant repris la ferme familiale, que sa caméra a suivi aussi bien au plus près des nombreux mouvements de front et de ses rencontres - médiatisées mais in fine stériles sur le fond - avec des membres du gouvernement, qu'au coeur de son quotidien d’agriculteur où l'amour de la terre se transmet de génération en génération.
En résulte une chouette balade cinématographique toute aussi empathique et prenante, mise en scène avec assurance et où Bergeon capture d'une manière distancée - mais pas trop - l'humain et sa liberté derrière l'engagement (quitte à le laisser de côté) et le parcours médiatique.
Jonathan Chevrier


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