[CRITIQUE] : Fantastique
Réalisatrice : Marjolijn Prins
Acteurs : -
Distributeur : Les Films du Préau
Budget : -
Genre : Documentaire.
Nationalité : Français, Belge, Hollandais
Durée : 1h11min.
Synopsis :
Fanta, une contorsionniste de 14 ans, vit à Conakry, en Guinée. À force de jongler quotidiennement entre l’école, le soutien à sa famille et ses entraînements au sein de la troupe où elle est l’une des rares filles, Fanta commence à douter de son rêve le plus cher : participer à la prochaine grande tournée du cirque acrobatique Amoukanama.
Quand bien même le terme " mériter " peut paraître un tant soit peu excessif, voire un poil déplacé (sans pour autant être vulgaire, la notion de mérite ayant de multiples nuances), le septième art, et plus particulièrement son pendant documentaire, met en lumière des histoires qui ont une certaine pertinence à être raconté, des parcours comme des combats, des témoignages comme des oeuvres/efforts artistiques qui méritent des mis en avant, célébrer par le truchement d'un petit voire d'un grand écran.
Avoir un minimum de sens donc, avant même de considérer le fond voire même peut-être également la forme d'un projet, deux aspects qui ne dépendent finalement plus du sujet en lui-même, mais de la manière qu'à le/la cinéaste de l'aborder/l'exploiter.
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En ce sens, le parti pris de la cinéaste belge Marjolijn Prins de s'attacher, à travers son docu-fiction Fantastique, à dresser le portrait de la jeune contorsionniste Fanta, symbole d'une jeunesse guinéenne aussi talentueuse que resiliente, n'en manque justement pas, concoctant sa prose telle une fable contemporaine au plus près d'une figure déterminée mais tiraillée entre son désir intime d'émancipation (dans une vie où elle n'a pas, ou peu, d'espace pour elle-même) et les multiples exigences de son quotidien à Conakry, entre un entraînement rigoureux, ses études et la nécessité de prendre soin des siens, et plus particulièrement d'une mère malade.
Point de souci avec le sens donc (définitivement trop de fois le mot sens dans cette critique...), la où la forme et le fond s'avèrent un chouïa plus indécis, que ce soit à travers les quelques inserts onirico-folklorique qui distille une piste spirituelle et culturelle malheureusement un peu trop survolée (comme son regard sur la société guinéenne), le manque de densité psychologique et émotionnelle mais avant tout et surtout, une durée méchamment étriquée (soixante-dix minutes, montre en main), qui dessert complètement ses intentions et, de facto, sa profondeur.
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Pas de quoi bouder son plaisir pour autant, tant Fantastique, au-delà de capturer l'effervescence naturelle de la jeunesse comme de l'environnement local, nous offre une belle et humaine rencontre de cinéma, une jeune femme déterminée, passionnée et joliment attachante que l'on aurait aimé, comme dit plus haut, suivre un peu plus longtemps qu'une aussi courte poignée de minutes.
Jonathan Chevrier



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