[CRITIQUE] : Reminders of Him
Réalisatrice : Vanessa Caswill
Acteurs : Maika Monroe, Tyriq Withers, Rudy Pankow, Lauren Graham,...
Distributeur : Universal Pictures International France
Budget : -
Genre : Romance, Drame.
Nationalité : Américain.
Durée : 1h55min.
Synopsis :
Après sept ans en prison, Kenna Rowan revient dans sa ville natale dans l'espoir de retrouver sa fille.
Assez cocasse - où tragique, c'est selon - de se dire que s'en même avoir lu une seule ligne de son œuvre littéraire, il est d'une aisance rare pour tout cinéphile un minimum averti d'être atteint d'une Colleen Hoover-ite aiguë passé la vision des deux premières adaptations sur grand écran de ses hits sur papier, du pas folichon et réchauffé (voire gênant) Jamais Plus - It Ends With Us de Justin Baldoni, dont les coulisses de sa production se sont avérées nettement plus captivantes, à l'affreusement mielleux et absurde à tous les degrés (de sa narration à son montage, en passant son interprétation générale où chacun semble jouer dans un film différent que les autres) Regretting You de Josh Boone.
Autant dire donc qu'il était difficile (impossible ?) de péter un minimum d'enthousiasme à l'idée de se fader Reminders of Him de Vanessa Caswill, potentielle grosse tartine de glucose sentimentalo-faisandée qui ne semblait pas forcément vouloir s'écarter du chemin balisé par les deux précédentes adaptations : bonne pioche - donc mauvaise -, tant le film incarne une séance plus mineures que ses aînées, et au rythme encore plus sinueux (presque deux heures de bobines bien tassées).
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Partant d'une base peu ou prou semblable à celle de Regretting You - une double tragédie avec un accident de voiture à la clé -, la narration s'attache aux aternoiements de la pauvre Kenna, une jeune femme rongée par la culpabilité qui tente péniblement de reconstruire sa vie, après avoir purgé une peine de prison suite à la mort accidentelle de l'amour de sa vie, son fiancé Scotty (homicide involontaire sous emprise de l'alcool, la faute à une foutue pierre capable de foutre en l'air un SUV), tout en cherchant à recouvrer son droit de visite et à renouer le contact avec sa fille, née en prison et qui vit depuis chez les parents de son ancien compagnon - qui refuse d'entendre parler d'elle.
Mais parce que sa besace n'était pas assez chargée (d'autant qu'il n'est pas facile de retrouver du boulot avec un casier judiciaire), elle tisse des liens sentimentaux avec le meilleur ami de Scotty, Ledger, devenu une sorte (une situation in fine plus complexe qu'elle n'en a l'air) de père de substitution pour son enfant...
Une plume avisée aurait sans doute constitué une oeuvre cathartique et poignante sur une femme/mère accablée par une destinée comme un monde impitoyable, dont l'effondrement émotionnel n'est jamais véritablement gratuit (d'autant plus avec la présence investie de Maika Monroe face caméra), mais le tandem Hoover/Lauren Levine privilégie la carte d'un sous-Nicholas Sparks moins mousseux qu'un panaché secoué dans tous les sens, où une romance sans étincelles et absurde naît - à nouveau - des cendres d'un deuil partagé et d'une antipathie timide, entre des personnages aussi superficiellement croqués que les élans émotifs sont douloureusement surrannés et artificiels.
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Tout en moues boudeuses et dépressives, en confrontations effroyablement théâtrales (oui, l'héroïne est coupable mais elle ne mérite pas trop qu'on la traite comme le mal incarné) et en interludes musicaux abusivement suggestifs et glucosés, Reminders of Him, mis en scène sans envie ni ambition, est un sommet de mélodrame romantico-mièvre prévisible et méchamment alambiquée aussi ennuyé qu'ennuyeux.
On a déjà vu pire cette année (quoique...) mais surtout beaucoup, beaucoup mieux...
Jonathan Chevrier



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