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[CRITIQUE] : Projet dernière chance


Réalisateurs : Phil Lord et Christopher Miller
Acteurs : Ryan Gosling, Sandra Hüller, Milana Vayntrub, Lionel Boyce,...
Distributeur : Sony Pictures Releasing France
Budget : -
Genre : Action, Aventure, Science-fiction.
Nationalité : Américain.
Durée : 2h37min.

Synopsis :
Ryland Grace, professeur de sciences, se réveille seul à bord d’un vaisseau spatial, à des années-lumière de la Terre, sans aucun souvenir de son identité ni des raisons de sa présence à bord. Peu à peu, sa mémoire lui revient, et il comprend l’enjeu de sa mission : résoudre l'énigme de la mystérieuse substance qui cause l'extinction du Soleil. Pour tenter de sauver l’humanité, il va devoir faire appel à ses connaissances scientifiques et à des idées peu conventionnelles … Mais une amitié inattendue pourrait bien l’aider à ne pas affronter cette mission tout seul.





C'était la question à un million de dollars : comment allait nous revenir le (génial) tandem Phil Lord et Christopher Miller près de neuf ans après la catastrophe Solo : A Star Wars Movie, projet ambitieux (mais inutile, comme quasiment l'intégralité des productions autour de la saga, depuis le rachat de Lucas Films par la firme aux grandes oreilles) dont ils ont été éjectés après deux ans de développement et quatre mois de tournage.
D'autant que leur retour à la réalisation d'un film, et qui plus est d'un long-métrage en prises de vue réelles, n'était pas forcément frappé du sceau de la facilité : une adaptation du roman Project Hail Mary d'Andy " The Martian " Weir, odyssée science-fictionnelle sous fond de mission capitale pour sauver l'Humanité, qui allait inéluctablement être comparé aux récents monuments du genre - Interstellar en tête.

Mais les lascars avaient dès le depart, trois As dans leurs manches pour naviguer dans l'espace sans (trop) d'encombres et sur un groove tout en douceur : une propension à savamment jouer du burlesque (mais dont la caméra se fait, malheureusement, moins énergique que par le passé), la plume d'un Weir capable de rendre compréhensibles - et drôle - des récits scientifiques complexes (toujours à la limite du plausible... pendant un temps), dont ils allègent grandement la tension au détour de la survie de son héros (en totale adéquation avec le ton voulu pour cette adaptation), mais aussi et surtout un Ryan Gosling des grands jours en rôle titre, talent infiniment capable du meilleur lorsqu'il est bien dirigé.


Il est le pivot de cette production hybride qui a le bon ton de contrebalancer sa gravité par un humour optimiste et jovial accrocheur, tout du long cloué aux basques d'un instituteur/biologiste moléculaire devenu astronaute qui se réveille seul de son coma artificiel (il est le seul survivant de son expedition) sans aucun souvenir de qui il est ni de sa mission : il avait été envoyé dans le système solaire Tau Ceti, à 12 années-lumière de la Terre, pour inverser l'impact d'un événement spatial qui avait déjà propulsé notre planète dans les premiers stades d'une ère glaciaire.

Copyright Amazon MGM / Jonathan Olley/AP/Sony Pictures Releasing France

S'il retrouve peu à peu la mémoire - comme ses facultés -, il s'avère néanmoins totalement inexpérimenté en matière de pilotage de vaisseau spatial mais surtout loin d'être capable de mener à bien ce qui a tout d'une mission au succès quasi-impossible.
Sauf que, bonne nouvelle, le bonhomme n'est pas vraiment seul dans son cauchemar interstellaire, puisqu'il va croiser la route d'un extraterrestre/mini-golem sans visage - Rocky - mais dont la planète est confrontée aux mêmes maux que ceux de la Terre.
Une bonne raison pour coopérer et trouver un moyen de sauver leurs mondes respectifs...

Du cousu main donc, pour une épopée spatiale à l'ancienne, ludique et généreuse, au rythme certes un poil plombé par une narration non linéaire et un chouïa étirée qui négocie maladroitement ses flashbacks (qui offre de plus une contextualisation pas toujours essentielle), mais sait intelligemment rouler sa bosse vers l'essentiel (Drew Goddard, déjà derrière le scénario de Seul sur Mars, sait qu'il ne doit pas trop se perdre dans son pendant scientifique pour ne pas larguer le spectateur), à savoir l'itinéraire conventionnel mais solide d'un homme ordinaire devenant un héros improbable - aux méthodes peu orthodoxes - au coeur d'une situation extraordinaire, frappé par un optimisme inébranlable so Spielbergien (comme... Seul sur Mars), aux antipodes d'une contemporanéité plus cynique, auquel se greffe une attachante amitié humano-extraterrestre (même si leur complicité est un peu trop facilement introduite, à travers une communication rudimentaire mais cocasse), une émotion sincère et une bande originale tout en musique pop (et couplé à un chouette score de Daniel Pemberton).

On est en terrain connu donc, familier mais réconfortant (le " Donjons & Dragons " de 2026 quoi), et on n'en demandait pas forcément plus d'un duo Lord/Miller sur le retour.


Jonathan Chevrier