Breaking News

[CRITIQUE] : Nino dans la nuit


Réalisateur : Laurent Micheli
Acteurs : Oscar Högström, Mara Taquin, Bilal Hassani, Théo Augier,...
Distributeur : Haut et Court
Budget : -
Genre : Drame.
Nationalité : Belge, Français.
Durée : 1h57min.

Synopsis :
À 20 ans, Nino Paradis refuse de croire que la vie n’est qu’une suite de désillusions, que les rapports humains se réduisent à l’exploitation ou à la compétition. Il aime Lale d’un amour incandescent et puise sa force dans la nuit et la fête, car il le sent : au bout de la nuit, quelque chose de meilleur les attend.





C'est quoi être jeune actuellement ? Il y a de quoi s'interroger au vu du nombre d'obstacles que doivent subir les vingtenaires actuels, les nombreuses angoisses perpétuées par l'actualité et la difficulté à être soi, tout simplement. C'est sans doute pour cela que nous avons autant aimé le bouillonnement au sein de Nino dans la nuit, troisième long-métrage de Laurent Micheli qui capte la difficulté d'avoir 20 ans actuellement dans une vibrance urbaine qui n'hésite jamais à jouer les confrontations, à l'instar de cette ouverture en soirée accompagnée de musique classique ou la façon dont la séquence suivante lui répond quasi ironiquement.

Copyright Haut et Court

L'ordre des légionnaires en opposition au chaos d'une fête basculant, il y a un enjeu d'équilibre qui permet de toucher à des divergences permanentes au sein de cette génération. Cela se ressent également dans le traitement économique, le besoin constant de subsister financièrement de n'importe quelle manière. Il se trouve dans cette représentation un éparpillement constant, une quasi fuite qui cristallise une anxiété générationnelle avec cœur et corps, bien aidé par son traitement visuel. La représentation de la ville rend palpable ce fourmillement perpétuel, Paris devenant presque étouffante à force de vouloir y survivre comme on peut. C'en est presque d'une mélancolie désincarnée, la désillusion d'une ville lumière où ce qui se trouve en périphérie est éjecté sans plus d'affect, à l'instar de cette séquence d'évacuation d'immeuble.

Jamais le film ne se fait affligé néanmoins, cherchant constamment la respiration comme dans cette séquence près de la mer où le stress urbain est évacué pendant un moment. La plus grosse force du film, sa véritable lumière, c'est l'alchimie quasi solaire de son casting principal. On ressent totalement l'amitié entre Oscar Högström, Bilal Hassani, Mara Taquin et Théo Augier, rendant vivante une course finale qui sonne comme une émancipation de la jeunesse face aux obstacles capitalistes permanents. Il y a une dynamique de groupe totalement éclatante, donnant vie à ses angoisses et son besoin de se lier avec une étincelle qui brille continuellement. Ils maintiennent l'équilibre émotionnel du film avec un brio subtilement puissant et totalement empathique.

Copyright Haut et Court

Nino dans la nuit constitue une œuvre quasi-indescriptible par sa manière d'éclater en permanence, à l'instar de sa photographie électrique et de ses différentes tournures narratives. Laurent Micheli y livre une œuvre générationnelle où l'acide tend vers l'émotif, où l'espoir n'est jamais très loin malgré les nombreuses descentes et où l'on transpire de vie perpétuellement. On vous conseille alors de courir vers ce film qui capte la nature morne du jour et les beautés erratiques de la nuit, ce titre qui fait vivre les envies et besoins quand on a 20 ans dans un monde les fait souffrir tout en espérant, encore et encore, rendant sa lumière plus indispensable encore.


Liam Debruel