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[CRITIQUE] : Il Maestro


Réalisateur : Andrea Di Stefano
Acteurs : Pierfrancesco Favino, Tiziano Menichelli, Giovanni Ludeno, Dora Romano,...
Distributeur : Universal Pictures International France
Budget : -
Genre : Drame
Nationalité : Italien.
Durée : 2h05min.

Synopsis :
La fascinante et incroyable histoire vraie d’Ann Lee, fondatrice du culte religieux connu sous le nom de Shakers. Cette prophétesse passionnée, qui prêchait l’égalité entre les genres et la justice sociale et était adorée par ses fidèles.





Si l'on avait laissé le - plutôt solide - duo Andrea Di Stefano/Pierfrancesco Favino un brin en charentaises, au détour d'une oeuvre certes léchée mais résolument conventionnelle, Dernière nuit à Milan (qui jouait la carte, sans trop se perdre dans ses clichés faciles, du polar à l'Italienne des 70s mixé aux accents HK des 90s), force est d'admettre que leur nouvelle collaboration cinématographique, Il Maestro ne vient pas véritablement boxer sur un terrain moins familier et convenu : le drame sportif sur un sport résolument cinégénique (le tennis, qui servait déjà de cadre sensiblement plus énergique et sensuelo-décomplexé dans Challengers, de son compatriote Luca Guadagnino), auquel se greffe quelques sous-genres satellites (le récit initiatique d'une jeune figure à l'enfance un poil empêchée; la comédie dramatique plus où moins inspirée; la quête de rédemption d'une figure bouffée par ses échecs comme ses vices; la chronique familiale surrannée juste ce qu'il faut; le road movie autour des côtes italiennes) et une ambiance sensiblement vintage mais peu immersive - la fin des années 80.

Copyright Universal Pictures

Après vision, la popote douce-amère concoctée par Di Stefano ne cherche jamais à monter au filet de l'originalité, se complaisant mignon dans le fond du court du déjà-vu bardé de facilités/invraisemblances, venant nourrir une narration suffisante et paresseuse entre un mentor/ancien champion de tennis déchu au cordage usé par l'alcool et un mariage toute en infidélités (les siennes), qui voit en un timide gamin doué pour son sport mais sans passion - parce que motivé par le conditionnement de son père autoritaire, à devenir un champion -, un hypothétique nouveau départ et une chance de (peut-être) se retrouver.

Une mécanique trop bien huilée, difficilement attaquable techniquement (Di Stefano n'est pas un manchot caméra au poing, c'est une certitude évidente, même si la mise en scène manque de dynamisme) mais effrayée par toute idée de profondeur, d'où n'émerge in fine que la partition investie d'un Favino à la fois élégant et tragique.
Ni jeu, ni set ni match pour cette balade ultra-prévisible donc même si pas fondamentalement désagréable pour autant, sur la découverte de soi à travers l'adversité, et la nécessité de mériter une victoire qui, amèrement, pourrait ne jamais venir.


Jonathan Chevrier