[CRITIQUE] : The Choral
Réalisateur : Nicholas Hytner
Avec : Ralph Fiennes, Nicholas Hytner, Simon Russell Beale, Mark Addy,...
Distributeur : Sony Pictures Home Entertainment
Budget : -
Genre : Drame, Historique, Musical.
Nationalité : Britannique.
Durée : 1h53min
Synopsis :
A Ramsden, dans le Yorkshire, en 1916, le chef de chœur et la plupart des hommes de la chorale se portent volontaires pour le front. Sous la direction du Dr Guthrie, la chorale recrute un groupe d'adolescents, garçons et filles. Ensemble, ils découvrent les joies du chant et les premiers émois amoureux.
Force est d'admettre que, quand bien même l'abondance de nouvelles sorties chaque semaine nous pousse à sélectionner - à contrecœur - les séances tant il nous est impossible de nous dédoubler (pas faute d'essayer pourtant) pour tout mirer, bah nous ne sommes pas des cinéphiles si difficile que cela à attirer voire même, parfois, à contenter (on démonte le mythe, pas vrai ?).
Avec ses contours de véritable relique d'un cinéma à l'ancienne certes sensiblement perfectible mais surtout indubitablement humain, The Choral de Nicholas Hytner ne semblait pas trop tortiller de sa pellicule pour péter dans la soie de l'originalité, en s'inscrivant même sereinement dans la plus stricte tradition du drame historique purement britannique, prévisible mais potentiellement relevée par une distribution capable d'apporter des nuances à une narration qui se perdrait autrement (notamment ici un Ralph Fiennes soliste de l'extrême, capable de bonifier - quasiment - tout ce qu'il touche), dans les limbes de la rhétorique la plus sommaire.
Du cousu main en somme, emballé et pesé avec soin.
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| Copyright Sony Pictures Classics / The Guardian |
Et c'est, paradoxalement, toute cette familiarité exacerbée qui, chez bon nombres de productions provoquerait une crise d'urticaire carabinée à son auditoire, fait ici à la fois son charme comme sa légitimité, lui dont le pitch en apparence facile (dans un village du Yorkshire en pleine Première Guerre mondiale, alors que la plupart des hommes se portent volontaires pour le front, le Dr Guthrie, recruté sans envie - parce que homosexuel, germanophile et athé, tiercé gagnant - pour être le nouveau chef de chœur, recrute un groupe d'adolescents mixte qui va vite découvrir les joies du chant), se fait le terreau fertile pour aborder avec sérieux et profondeur des thématiques captivantes (une jeunesse sans avenir poussée à s'engager dans une guerre qui ne leur promet que la mort, les limites d'un patriotisme exacerbé confrontées aux atrocités du front et à l'impact imposant du conflit sur chaque âme, où comment pointer subtilement les ravages d'une guerre sans placer sa caméra au beau milieu des tranchées), sans pour autant laisser de côté ses personnages, psychologiquement et émotionnellement bien étoffés.
Alors certes, si l'on pourra tiquer un brin sur sa longueur, sa - légère - gourmandise à s'offrir quelques embardées larmoyantes voire sur sa propension à rattacher tous ses fils dramatiques sous le sceau d'une morale religieuse, difficile de bouder son plaisir face à un petit bout de cinéma aussi sobre et maîtrisé que sincèrement touchant.
C'est toujours dans les vieillies bobines qu'on fait les péloches les plus réconfortantes...
Jonathan Chevrier


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